Belgique

L'accusé Renaud Hardy a prononcé ses derniers mots à l'issue des répliques qui se sont déroulées mercredi matin devant la cour d'assises de Tongres. 

"Je vais essayer d'indemniser les gens autant que possible, mais s'il vous plaît ne me renvoyez pas en prison", a-t-il lancé à l'attention des jurés. Avant de prononcer ces mots, l'accusé a commencé à se plaindre du rythme de vie dans les prisons de Malines et Saint-Gilles. Il a aussi montré toute son animosité envers un membre de la famille de la victime Maria Walschaerts, qui a alors quitté la salle. Le président Dirk Thys a dû rappeler à Hardy que ces derniers mots devaient porter sur l'acte d'accusation.

L'accusé a alors confirmé avoir assassiné et massacré plusieurs personnes, mais a ajouté: "Pouvez-vous croire que je ne suis pas un assassin?". Renaud Hardy a alors rappelé son traitement médicamenteux pour lutter contre la maladie de Parkinson, sa consommation de cocaïne et le fait que sa compagne Doris C. l'avait laissé tomber.

Juste avant ces derniers mots, la procureure Alexandra Van Kelst a averti le jury des conséquences d'une décision d'internement de Renaud Hardy. "Cette question sur la culpabilité pour viols, assassinats et tentatives d'assassinats sera suivie d'une question (sur sa santé mentale). Si l'on considère la question de Me Thiebaut (avocat de la défense), vous devriez répondre non à la question sur la culpabilité de Hardy dans les assassinats de Walschaerts et Doms et les deux tentatives d'assassinat", a-t-elle indiqué dans sa réplique. Le ministère public a également décrit le comportement de l'accusé en prison. La défense a affirmé que ses remarques à caractère sexuel à l'encontre de gardiens et ses promenades dans l'établissement avec un sac sur la tête ne pouvaient être expliquées par le trouble dont il souffre. "Cet homme est un 'emmerdeur' en prison. Après son transfert à l'issue des audiences de la cour d'assises, Hardy retourne à sa section en sifflant et en chantant. Est-ce réellement un trouble de contrôle de ses impulsions?".

L'avocat de la défense Frédéric Thiebaut a ensuite déclaré dans sa réplique que les parties civiles et le ministère public avaient la volonté de faire peur, évoquant un "chantage émotionnel". "J'entends ici les parties civiles affirmer que le jury pourrait ne pas déclarer la culpabilité de M. Hardy. Je rappelle juste qu'il est certain qu'il a commis ces faits", a indiqué Me Thiebaut, qui demande l'internement de son client. Les rapports du psychiatre Chris Dillen et du Dr Van der Linden ont été largement discutés ces derniers jours. "On en a beaucoup parlé, mais c'est à vous, cher jury, de juger les arguments auxquels vous croyez et ce à quoi vous ne croyez pas."

Après les derniers mots prononcés par l'accusé, le jury doit se retirer pour délibérer sur la culpabilité.