Belgique

La fédération des pouvoirs organisateurs de l'enseignement catholique (SeGEC) a tenu vendredi son université d'été à Louvain-la-Neuve, mettant au cœur de cette journée une spécificité de sa rentrée scolaire en primaire: la citoyenneté intégrée de manière transversale dans différents cours, plutôt que dans un nouveau cours comme c'est le cas dans l'officiel. Comme tous les autres P.O., ceux du SeGEC doivent se conformer au nouveau référentiel "interréseaux" de citoyenneté, qui s'impose dans l'enseignement fondamental dès cette rentrée et arrivera dans le secondaire à la rentrée 2017.

L'enseignement officiel a prévu un cours d'éducation à la philosophie et la citoyenneté (EPC) en substitution d'une heure (voire deux) de religion et de morale. Dans l'enseignement catholique, le référentiel est décliné dans des cours existants. Pour le primaire, quatre cours sont concernés: éveil, français, math et religion.

L'éveil (histoire, géographie, initiation technologique et scientifique ainsi qu'initiation aux médias) constitue "un lieu très privilégié" pour ce référentiel citoyen, explique Étienne Michel, directeur général du SeGEC. En math, "lorsqu'on propose un exercice, on peut très bien amener des références sur des populations via la démographie", illustre-t-il encore.

Et d'insister sur la transversalité. "Depuis le décret Missions (1997), on a considéré la citoyenneté comme un des quatre grands objectifs de l'école. Peut-on enseigner la citoyenneté pour elle-même, comme on enseigne les maths, les sciences ? L'enseignement de la citoyenneté est plus riche quand on l'adosse à d'autres savoirs", juge-t-il. "C'est l'ensemble du projet éducatif ou de l'établissement qui doit contribuer à la citoyenneté".

Cette différence de régime entre les enseignements officiel et catholique s'explique, selon le patron du SeGEC, dans le fait que, "dans la laïcité militante, la notion de citoyenneté est difficilement conciliable avec des références convictionnelles et religieuses", que ce courant veut voir relever de la sphère privée uniquement. Or, "toute l'histoire de l'éducation chrétienne montre au contraire l'intérêt de conjuguer la préoccupation de la citoyenneté avec des références convictionnelles".

L'argument ne cache-t-il pas une volonté de préserver deux heures de religion attaquées par d'aucuns ? Pour Étienne Michel, ces visions du monde ne sont pas "en contradiction majeure", car le référentiel de citoyenneté sera appliqué partout, malgré des modalités un peu différentes. Mais "c'est certain que dans le monde laïc, il y a eu une volonté de réduire la part de l'enseignement de la religion dans l'enseignement officiel, ce qui ne nous est pas apparu d'une pertinence évidente au vu de la tradition chrétienne de l'éducation".