Belgique

Vous avez fondé le Parti populaire le 26 novembre. Vous avez été très discret, sauf au sujet de la votation suisse. Ils ont eu, dites-vous, raison de rejeter la construction de minarets…

Sur la forme, nous sommes favorables au référendum. Sur le fond, cette problématique nous conduit au débat sur l’immigration qui est, chez nous, un des débats les plus tabous. Et c’est ce côté tabou qui a engendré le racisme. La population européenne est éminemment tolérante : l’Européen considère que toutes les religions sont les bienvenues. Qu’on soit athée, chrétien, juif, musulman, bouddhiste chacun peut pratiquer. Le message des Suisses est le suivant : nous sommes attachés à notre identité. Les immigrés qui viennent chez nous doivent respecter cette identité. Aussi tolérants que nous sommes envers les autres cultures, cela s’arrête là. Le contrat social implique cette adaptation de celui qui arrive. C’est pareil pour l’Européen qui va vivre dans un pays musulman : il respecte les coutumes locales.

Vous êtes contre l’immigration ?

Il faut combattre le racisme sous toutes ses formes. Il faut réaffirmer un principe fondamental. L’étranger qui vient doit s’adapter aux coutumes locales. Et pas l’inverse. S’adapter ad vitam aeternam à celui qui vient sous prétexte qu’il faut être multiculturel non. Nous pensons que c’est là un facteur de délitement social. Nous sommes opposés à la multiculturalité. Nous voulons au contraire renforcer le socle de belgitude.

Votre discours très dur peut engendrer ou justifier un certain racisme.

Je ne le pense pas. Ce qui engendre le racisme, c’est le refus de prendre en compte et de traiter les problèmes. Il y a un problème d’immigration non contrôlée. Il y a aussi un problème de délinquance chez les jeunes arabes. C’est le refus de voir et de traiter ces problèmes qui engendrent un certain racisme.

La solution ?

L’ambassadeur du Maroc en Belgique a lancé un appel extrêmement intéressant en proposant de cogérer une série de problèmes ensemble. Nous avons en Belgique entre 500 000 et 600 000 Marocains. La plupart ont une double nationalité. Très peu sont belges à part entière. Dans l’ensemble, la population marocaine est intégrée, travaille et ne pose pas de problème. Mais certains jeunes, marocains ou autres, foutent le bordel dans les quartiers où ils vivent. Il y a aussi un problème d’extrémisme islamisme.

Comment aborder ces problèmes avec humanité et fermeté ?

Certaines mosquées sont gérées par des imams intégristes qui appellent à la haine de l’Occident, au djihad. Le Maroc pratique un islam modéré. Il peut nous aider. Plutôt que d’avoir des imams extrémistes, prenons-les là-bas au Maroc, parmi ceux qui pratiquent un islam modéré.

Nous avons également un problème avec les jeunes délinquants marocains. Moi je vais souvent au Maroc. C’est un pays que j’adore. J’adore les Arabes. Il y a un sentiment de sécurité au Maroc parce qu’il y a de l’autorité, parce que les jeunes savent qu’ils sont pris en charge. Proposons au Maroc que les jeunes Marocains, délinquants chez nous, aillent faire, là-bas, des stages dans l’armée, dans des services d’éducation pour qu’ils acquièrent le respect de l’autorité et qu’on les remette dans le droit chemin. C’est pareil avec les prisonniers

Les prisonniers ?

Oui. Bon. Cela choquera peut-être certains. Mais, aujourd’hui, la réalité est celle-là : 80 % des détenus enfermés en Belgique sont Marocains.

Non, selon le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, il y a en Belgique 4 276 détenus d’origine étrangère…

Moi, je vous confirme qu’il y a encore 70 et 80 % des détenus qui sont soit étrangers, soit d’origine étrangère. Ils ont souvent un double passeport, marocain, turc et autre. Nos prisons sont surpeuplées. Que fait-on ? On loue des prisons en Hollande, dans un environnement qui n’est pas plus le leur. Et cela coûte 170 euros par jour. Pourquoi ne passerait-on pas un accord avec l’Etat marocain qui construirait pour nous, dans leur pays, une ou deux prisons pour que les détenus de longue durée, qui ont la double nationalité, exécutent des peines au Maroc ? Cela donnera du boulot à des Marocains là-bas. Cela coûtera beaucoup moins cher : environ 30 euros. Cela peut se faire avec l’Algérie ou la Turquie demain. Soyons concrets. Mais chassons les tabous. Gérons ces problèmes avec générosité. Mais sans concession.

“Populiste”, c’est un qualificatif qui vous va bien… ?

Quand on voit ce qu’a fait Michel Daerden ces derniers jours, certains feraient bien de regarder d’abord dans leur assiette. Mais si être populiste, c’est s’adresser aux gens, en pointant du doigt les véritables problèmes qui doivent être traités, en refusant la langue de bois, en refusant "y’a qu’à" Si c’est cela, être populiste, alors oui je le suis, comme l’étaient Vandevelde, Clémenceau

Et Léon Degrelle… ?

La comparaison est insultante.