Belgique

Régine Krochmal, décédée vendredi, fut une résistante jusqu’au-boutiste. D’origine juive et née en 1920 aux Pays-Bas, elle se destina au métier de sage-femme après des études d’infirmière. Mais en juin 42, elle fut exclue des cours de formation suite aux ordonnances allemandes. Refusant de porter l’étoile jaune, elle rallia le Front de libération autrichien. Elle fut arrêtée le 20 janvier 1943 alors qu’avec ses amis, elle venait de tirer une épreuve de leur journal "Die Wahrheit" qu’elle voulait distribuer aux soldats allemands. Régine, qui n’avait pas froid aux yeux, déclina d’emblée son identité juive ce qui la fit arrêter mais permit de ne pas découvrir l’imprimerie clandestine. Des sinistres caves de la Gestapo, elle fut amenée à la Caserne Dossin à Malines et se retrouva dans le XXe convoi. Avant de partir, un médecin juif lui avait donné un couteau qui l’aiderait à retrouver la liberté après l’attaque réussie par trois jeunes résistants à hauteur de Boortmeerbeek. Réarrêtée en août 1944, Régine Krochmal fut enfermée à St- Gilles et conduite à Breendonk, où, torturée atrocement, elle resta muette. Ramenée à Dossin, elle ne parla jamais. Libérée le 3 septembre 1944, Régine Krochmal partit aux États-Unis pour y faire des études de psychothérapeute spécialisée dans l’aide aux personnes souffrant de dépressions, de blocages et de phobies. Elle ne vécut plus que dans la relation à l’autre. Afin d’apprendre à ceux qui s’adressaient à elle à réveiller l’amour oublié Régine Krochmal aimait citer Goethe : "de tout pouvoir qui tient le monde, l’être humain s’en libère quand il sait se gouverner"

La cérémonie d’adieu a lieu le 21 mai à 11h30 à l’Atelier Marcel Hastir à Ixelles.