Belgique

Deux hommes condamnés à la perpétuité par la cour d’assises du Hainaut, en 1990 pour l’un et en 1996 pour le second, ont retrouvé la prison le même jour. Le premier, qui était recherché pour purger une nouvelle peine, était en fuite. Il a été arrêté samedi à Cavaillon (France). Le second a été placé sous mandat d’arrêt à Dinant le même jour pour viol, menaces, séquestration et coups et blessures.

Alain Macaigne, âgé de 43 ans, a été arrêté samedi devant la cathédrale de Cavaillon (LLB du 17 août) grâce à un formidable concours de circonstances. Un informateur s’était présenté une semaine plus tôt au commissariat. Il avait expliqué qu’un sans-abri avait fait une étonnante révélation à ses compagnons à l’issue d’une soirée où l’alcool avait coulé à flots. Il s’était vanté d’avoir tué des gens en Belgique. Contact a été pris avec les autorités judiciaires belges qui ont confirmé qu’il pourrait s’agir d’un homme activement recherché. Une photo a été envoyée aux policiers de Cavaillon qui ont repris langue avec leur informateur. Celui-ci a confirmé que le SDF qui s’était un peu trop vanté était bien l’homme repris sur la photo.

Encore fallait-il pouvoir l’interpeller. L’affaire a été rondement menée. Samedi, des policiers en patrouille dans le centre de Cavaillon l’ont reconnu sur les escaliers de la cathédrale Notre-Dame. Il était assis sur le parvis en train de faire l’aumône. Les policiers l’ont contrôlé. Alain Macaigne n’a pas opposé de résistance et a reconnu qu’il était bien l’homme recherché. Placé en détention à Nîmes, il sera extradé vers la Belgique qui avait lancé un mandat d’arrêt européen contre lui.

Alain Macaigne a un lourd passé judiciaire. En 1990, la cour d’assises du Hainaut l’avait condamné à la perpétuité pour un meurtre en vue de faciliter le vol, commis trois ans plus tôt avec son frère, qui n’avait que 17 ans. Ils s’en étaient pris à une septuagénaire de Jumet, retrouvée massacrée dans sa cuisine. La victime avait été ligotée et torturée à coups de couteau sur tout le corps avant d’être étranglée sans pitié pour qu’elle avoue où se trouvait son argent.

Libéré sous conditions en 2002, devenu sans-abri, il avait été condamné en 2006 à 3 ans de prison pour coups et blessures ayant entraîné la mort d’un SDF qu’il avait jeté dans la Sambre à Charleroi. Sa liberté conditionnelle avait été révoquée. Il avait été ensuite une nouvelle fois condamné en 2008 pour usage de stupéfiants en prison. Il était en cavale depuis une permission de sortie.

Vladimir Safar, âgé de 46 ans, a été arrêté quant à lui samedi à Dinant après une plainte déposée par une ex-petite amie. Ils avaient eu une aventure amoureuse qui avait tourné court.

La jeune femme a dénoncé des coups, commis le 3 août, suivis de menaces dans les jours qui ont suivi. Elle a ensuite été séquestrée et violée le 9 août.

Vladimir Safar a été placé sous mandat d’arrêt samedi et sa détention a été prolongée mardi. Il était libre sous conditions depuis décembre dernier. Il conteste les faits qui lui sont reprochés qui en rappellent d’autres.

En 1996, il avait été condamné à la perpétuité pour avoir abattu, six ans plus tôt, en plein centre-ville de Charleroi, le père de son ex-compagne et blessé cette dernière.

Il les avait suivis en voiture, avant de s’arrêter à leur hauteur. Le trio s’était retrouvé sur le boulevard et Vladimir Safar avait tiré.


Le 18 décembre 2012, le tribunal correctionnel de Dinant n'a retenu à l'encontre de Monsieur Vladimir Safar que la seule prévention de coups et blessures volontaires et l'a condamné à une peine de travail de 80 heures.