Belgique Depuis des années, le prince Laurent est au coeur de polémiques ou est l'auteur de dérapages.

1994-2000 Un Prince en quête de visibilité

Laurent a toujours été un insaisissable "électron libre". Et un être blessé voulant être reconnu. Lorsque son père a accédé au trône, il a eu l’impression d’avoir été oublié, son frère et sa sœur héritant des missions d’Albert. D’où la création sur mesure d’un Institut pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres avec les Régions qu’il présida. La création d’une Fondation pour le bien-être animal lui donna aussi plus de visibilité. Mais des propos polémiques créèrent des controverses. Comme une lourde charge contre le Premier ministre Dehaene, accusé de privilégier l’économie sur l’écologie.


2008-2010 Pas de miracle dans le désert de Libye

Lorsque le dossier congolais éclata (ci-dessous), il fut aussi question de fréquents séjours du Prince en Libye entre 2008 et 2010, et de contacts réguliers avec un fils du colonel Kadhafi. Rien à voir avec l’IRGT ou la Fondation pour le bien-être animal, mais plutôt avec ses projets en matière de développement durable au sein du Global Sustainable Development Trust. Il était question d’ "un projet de ceinture verte à 50 kilomètres au sud de Tripoli" . L’idée était de reproduire à la demande du pouvoir libyen un modèle de lutte contre l’avancée du désert par la plantation d’arbres comme en Mauritanie. Mais le projet n’a jamais vu le jour.


Fin mars 2011 Laurent au Congo, le dérapage

Gros "clash" avec la rue de la Loi. Contre l’avis du gouvernement Leterme et contre l’avis du Palais, le Prince s’était rendu au Congo . Le Premier ministre de l’époque, Yves Leterme (CD&V), évoqua "une grande imprudence" et "une contradiction avec les règles" . Le Palais ne commenta pas ce dérapage, mais "La Libre", en visite d’Etat en Allemagne avec Albert II, expliqua que la Maison royale était "ulcérée par ce déplacement qui donne une caution importante au régime de Kabila" . Le Prince argua que son voyage avait un but scientifique. Reste qu’il y avait rencontré Joseph Kabila "en stoemelings". Il se fit remonter les bretelles.


Décembre 2016 "Emmerdé depuis des années"

Sa participation à un colloque du Sénat sur le bien-être animal aurait dû "booster" son image, mais, succombant à la tentation de micros tendus , Laurent dérapa une fois encore : "Moi, je suis emmerdé depuis des années, on m’empêche de travailler, de faire fonctionner ma fondation." Et de renchérir : "J’ai dans ma vie beaucoup plus payé à l’Etat que l’Etat ne m’a payé à moi." Avant de conclure : "Si certains politiques me foutaient la paix, si ma famille me foutait la paix, je pourrais vous assurer que mes bilans sont excellents sur le plan financier." Des propos qui ne le rapprochèrent ni des uns ni des autres.


Janvier 2017 Le dernier avertissement

Incorrigible Laurent… Depuis son voyage congolais non autorisé, mais aussi des contacts qui ne l’étaient pas davantage avec des personnalités libyennes, le Prince savait qu’on ne lui pardonnerait plus de rompre le devoir de réserve des "royals" et de rencontrer une autorité officielle extérieure sans l’accord des Affaires étrangères. Pourtant, le 17 octobre 2016, il a rencontré le Premier ministre du Sri Lanka, Ramil Wickremesinghe , sans prévenir le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. A la mi-janvier 2017, le Premier ministre, Charles Michel, lors d’un entretien "cordial mais ferme", a mis le Prince en garde contre un nouvel impair qui pourrait lui coûter sa dotation.


26 juillet 2017 Laurent, prince pétitionnaire

Le 21 juillet dernier, prenant la parole sans texte à Wavre, Laurent ne s’était pas départi de son devoir de réserve en rendant hommage à l’action des femmes dans la société, à commencer par la sienne. Quelques jours plus tard, le frère du Roi surprit davantage en allant publiquement soutenir une pétition de l’association de défense animale Gaia visant à inscrire le bien-être animal dans la Constitution. Assez étonnamment, ici, pas la moindre réaction politique sur la neutralité supposée du Prince. Il est vrai qu’une proposition de loi a été déposée par Christine Defraigne (MR) et Sabine de Bethune (CD&V)…