Risque de files à l’aéroport de Charleroi

C.M. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Ils ne sont pas assez nombreux : 61 seulement pour assurer la sécurité sur le site de l’aéroport de Charleroi et garantir "le contrôle frontière" d’accès à l’espace Schengen de près de 6 millions de voyageurs; c’est-à-dire un de plus seulement qu’en 2008, alors que le flux de voyageurs était moitié moins important (2,9 millions). "L’unité de police aéroportuaire de Gosselies fait face à un déficit criant de personnel. Mais le problème n’est pas que quantitatif, indique Jérôme Aoust, délégué permanent du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS). Il est également qualitatif : 10 des 61 policiers sont détachés temporaires non formés aux missions spécialisées de police aéroportuaire. Pour atteindre le seuil de fonctionnement, il manque 16 policiers, soit presque 25 % de l’effectif."

Ce lundi matin, lors de la réunion du comité national de négociation pour les services de police, le SNPS n’a pas été entendu. Il a donc déposé un préavis de grève qui débute ce mercredi 18 juillet jusqu’au 31 août. "Il ne s’agit pas d’un blocage" , ajoute Jérôme Aoust. Afin "de ne pas prendre les voyageurs en otage" , ses membres feront la grève du zèle. "Le mot d’ordre : être bien consciencieux, méticuleux . Pour montrer que le nombre de boxes ouverts n’est pas suffisant." Il y en a dix mais cinq seulement en activité. Et d’engager les voyageurs à "anticiper" leurs actions. Car les files, déjà longues en temps de vacances à l’aéroport de Charleroi, risquent d’être interminables. Les policiers ne se contenteront pas d’un contrôle visuel de la validité des passeports et cartes d’identité (photo, nom ), mais jetteront un œil sur leurs terminaux informatiques afin de savoir si le voyageur n’a rien à se reprocher.

Certes, ce zèle ne perdurera pas pendant les 45 jours de la période de préavis. Et rien ne dit que les policiers se montreront plus consciencieux déjà ce mercredi. Mais ils le pourraient.

BSCA (Brussels South Charleroi Airport) est solidaire, mais n’y peut pas grand-chose. "On est surpris que les négociations n’aient pas abouti , indique le porte-parole. Ce n’est pas un problème qui tombe du ciel. Nous avons nous-mêmes fait une demande en ce sens aux deux ministres compétents." Reste à BSCA à engager les voyageurs à rejoindre l’aéroport 2h30 avant le départ de leur vol, au lieu des 2 heures conseillées par la majorité des compagnies. "Ceux qui ne prendraient pas ce genre de précaution le font à leurs risques et périls, ajoute-t-il. Le passager est, à ce titre, seul responsable. Mais le staff de l’aéroport fera tout ce qu’il peut pour faire passer les voyageurs au plus vite."

A l’aéroport de Bruxelles, un préavis est également en cours, depuis début juillet. Le problème est pareillement lié à la quantité des effectifs, mais surtout aux infrastructures : "Les boxes de contrôle n’assurent pas la sécurité du personnel" , ajoute Jérôme Aoust. Là aussi le SNPS privilégie les actions ponctuelles "pour réduire le plus possible l’impact sur les passagers" . Il n’est toutefois pas exclu que des retards soient enregistrés au niveau des contrôles frontaliers. Comme à Charleroi, le syndicat conseille aux voyageurs en partance de Bruxelles d’anticiper les éventuelles actions, au risque de rater leur avion.

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