Belgique Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a réagi à l'affaire du Gial, qui a éclaté il y a quelques jours à la Ville de Bruxelles.

Invité dans Matin Première sur la RTBF, Rudi Vervoort a balayé les accusations qui accusent un PS bruxellois laxiste. "Ce n'est pas un problème de PS, c'est un problème de mode de gestion, de gouvernance qu'il faut faire évoluer."

Dans cette affaire, il est apparu qu'un ingénieur informatique de Gial, l'asbl partenaire informatique des administrations publiques bruxelloises, était rémunéré 1000€/jour en tant qu'indépendant par cette asbl étroitement liée à la Ville de Bruxelles. Pire encore, on apprend que l'ancien directeur du Gial touchait lui 1.250 euros par jour selon le même principe, celui d'une facturation en tant qu'indépendant. Qu'un directeur général d'une asbl soit rémunéré en tant qu'indépendant a en effet de quoi étonner.

Sur ce point, Rudi Vervoort botte aussi en touche. "Cela n'est pas une surprise, depuis le début de l'affaire, on sait que cela concerne une dizaine de personnes et son cas a déjà été régularisé." Et le premier du PS bruxellois de renvoyer la balle aux autres formations politiques. "Il a été recruté par le collège communal de l'époque et d'autres formations politiques (que le PS, ndlr) faisaient partie de ce collège dont le MR et le cdH. Mais une chose est sûre, ce qui se faisait il y a 25 ans ne se fait plus et ne se fera plus."

Et Rudi Vervoort d'expliquer comment ces rémunérations en tant qu'indépendant pour des missions publiques ont pu être octroyées à cette époque-là. "A l'époque, je m'en souviens, c'était l'époque où l'informatique devait être implémenté dans les communes. On ne trouvait pas de personnel, on n'avait pas de quoi les payer car la base légale des administrations publiques ne le permettait pas. Et personne n'a rien eu à redire parce que c'était le système de l'époque. Cela s'est fait en toute transparence et cela se retrouve dans les procès-verbaux, rien n'était caché."

Et pour le ministre-président bruxellois, ce problème illustre celui des faux indépendants. "On ne payait pas des gens à ne rien faire. On voulait collaborer avec des personnes compétentes qui, dans le secteur privé, touchaient ces montants-là."

"Je ne veux pas faire le Calimero, mais au-delà de cette affaire, c'est encore l'image de Bruxelles qui est ternie", dit Rudi Vervoort. "Et quand j'entends le charmant Ben Weyts (ministre flamand, N-VA, ndlr) qui dit "ce serait bien d'apporter nos bonnes recettes, ce qui fonctionne bien en Flandre", mais c'est quoi ces bonnes recettes ? Il y a plus d'embouteillages à Anvers qu'à Bruxelles, il y a plus de chômage des jeunes à Anvers qu'à Bruxelles. Nous, on travaille, on le fait dans le respect de la population, mais qu'on ne tombe pas dans le piège de croire qu'avec eux (la N-VA, ndlr), tout va aller bien, alors qu'en réalité ce qu'ils veulent, c'est faire péter le pays."