Belgique

Ce n’est pas à des Belges convaincus qu’il faut rappeler combien l’union peut faire la force. Et pourtant, depuis plusieurs rendez-vous électoraux, ils étaient trois voire quatre petites formations à solliciter les suffrages de ceux qui pensent qu’il faut faire table rase de la Belgique fédérale et retourner aux sources unitaires. Résultat : un éparpillement certain des voix qui a depuis lors entraîné des débuts de rapprochement entre certaines d’entre elles dans l’une ou l’autre circonscription. Ils vont aller encore plus loin : sous l’enseigne de Belg-Unie, les chrétiens démocrates fédéraux, le BUB (Belgische Unie-Union belge) et le BAB (Belgische Alliantie-Alliance belge) ont annoncé qu’ils avaient décidé d’unir leurs forces pour les prochaines élections législatives et communales.

Les initiateurs avaient promis le soutien de certaines personnalités à leur démarche. Une au moins s’est dévoilée en la personne de Rudy Aernoudt, que nous avons contacté par ailleurs sur sa démarche. L’ex-co-président du Parti populaire, qui avait aussi auparavant entrepris un rapprochement avec le MR, toutefois immédiatement mis à mal par le FDF, nous a confirmé l’information : "De fait, c’est une démarche citoyenne qui m’amène à le faire. Tout comme on peut le constater pour la gauche radicale où plusieurs listes concurrentes ne permettent finalement à personne d’émerger, j’ai estimé que je pouvais soutenir les partis belges afin de leur permettre d’avoir leur mot à dire dans le débat politique "

Rudy Aernoudt se dit aussi prêt à les épauler dans l’une ou l’autre démarche pour faire connaître leurs thèses, mais il ne sera en tout cas pas candidat du nouveau cartel : "Ma fréquentation assidue du monde politique au cours de ces derniers mois et années m’a définitivement convaincu que ma place n’était certainement pas là. Il y a bien d’autres manières de rendre service à la société belge !"

Voilà qui est clair ! Cela dit, les nouveaux coalisés, dont la parole sera portée par un ex-militant du PP, Bertrand Waucquez, ont en se présentant à la presse identifié cinq grands problèmes pour la Belgique actuelle et ils entendent y apporter autant de réponses s’inscrivant bien dans leur programme qui reste résolument unitariste. A la mauvaise connaissance et usage des langues nationales, ils proposent un réel bilinguisme, qu’ils voient même inscrit dans la Constitution. Le cartel Belg-Unie entend aussi répondre à l’organisation institutionnelle actuelle par un vrai fédéralisme d’union. Entendez : non pas une fédéralisation poussée de certaines matières encore nationales mais, au contraire, un retour à des compétences fédérales "lorsqu’elles apportent une plus-value pour la Belgique" (comme le tourisme, l’environnement, le commerce extérieur, etc.) Belg-Unie réclame aussi une hiérarchie générale des normes avec une prépondérance du fédéral. Enfin, il demande une circonscription fédérale pour élire une partie des députés mais aussi des sénateurs. Cela dit, pour combattre "l’apartheid linguistique", les militants belgicains vont encore plus loin et proposent soit de refaire du Brabant une région-province bilingue, soit d’abolir les régions et d’en venir à une Belgique basée sur les provinces.

Pas question de toucher à la fonction royale : "Réduire les pouvoirs du Roi à un rôle protocolaire accroîtrait le risque d’instabilité du pays." Et dans le même ordre d’idées, le cartel entend absolument garder le Sénat comme deuxième chambre du pouvoir législatif. Afin d’assurer la stabilité institutionnelle, Belg-Unie plaide enfin pour l’instauration de consultations populaires sur ces questions. En visant ces objectifs, le cartel veut rendre "la Belgique à nouveau joyeuse et généreuse" mais aussi "ouverte et entreprenante au service du bien-être de tous les Belges"

Renseignements : www.belg-unie.be