Saint-Louis, valeur sûre bruxelloise de "Louvain"

christian laporte Publié le - Mis à jour le

Belgique

entretien

Ce vendredi 24 avril, les facultés universitaires Saint-Louis fêtent leur 150e anniversaire en décernant les premiers doctorats honoris causa de leur histoire. L’occasion d’un bilan avec le recteur Jean-Paul Lambert.

On n'a pas tous les jours 150 ans. C'est important de le marquer ?

Il est bon que la communauté universitaire s’arrête pour faire le point et balise le passé pour mieux envisager l’avenir. Tout est parti de la création en 1858 d’une Ecole de philosophie qui proposait une candidature en philo et lettres et aussi préparatoire au droit. Le deuxième grand moment fut la création en 1925 par Jacques Leclercq de l’Ecole des sciences philosophiques et religieuses, qui s’est imposée comme un foyer de rayonnement en matière de réflexion théologique et philosophique.

C'est toujours un fleuron, mais les FUSL, ce sont surtout des facultés de sciences humaines qui ont connu un bel essor ces trente dernières années.

En 1978, les facultés comptaient 830 étudiants ; ils sont 2400 à ce jour. Un triplement en trente ans alors que la population de l’ensemble des universités francophones n’a augmenté que de 60 pc. Cette dernière décennie, ce fut encore plus imposant avec 75 pc pour Saint-Louis et seulement 17 pc pour les autres.

Comment expliquez-vous cette success-story ?Nous pensons pouvoir dire que ça tient à la qualité des programmes d'enseignement et à des innovations parfois audacieuses. Les baccalauréats bilingues ou trilingues lancés depuis 1991 y contribuent largement car plus d'un tiers de nos inscriptions se prennent là. Mais nous bénéficions aussi des décrets qui nous ont permis d'aller au-delà des candis. Depuis 1994, nous pouvons organiser des troisièmes cycles : des doctorats comme des formations sanctionnées par des diplômes spéciaux (DES, DEA). Et puis, il y a eu Bologne qui a élargi les premiers cycles et permis de lancer de nouveaux programmes et de nouvelles synergies, notamment en matières d'études européennes avec l'UCL.

Bologne a aussi créé les Académies. Tout naturellement, Saint-Louis est aux côtés des institutions chrétiennes...

Il y a encore chez nous une prépondérance d’étudiants issus du "libre" et nous restons attachés aux valeurs chrétiennes. C’est la messe à la cathédrale à la rentrée, mais il y a toujours une chapelle. Et, en même temps, un grand nombre d’étudiants et de professeurs n’ont plus de liens directs avec le christianisme.

Et le fameux C, vous y tenez ?

A l’instar de mes collègues recteurs de Louvain, Namur et Mons, je me tiens à la règle de ne pas vouloir interférer dans ce débat. Comme mes collègues, j’ai suivi l’intéressant colloque organisé fin février par le Groupe Martin V. J’en retiens qu’il y a un très grand consensus, même chez ceux qui ne veulent plus du C, en faveur du maintien des valeurs chrétiennes. En même temps, il est clair qu’il n’y aura plus de relation de pouvoir ni avec l’Eglise belge et encore moins avec le Vatican. En outre, les responsables de nos quatre universités ont décidé que, dans la future grande université, le pouvoir organisateur, composé actuellement des évêques et qui donne encore la fausse impression d’une inféodation à l’Eglise, fasse place à un conseil de dialogue permanent entre l’université et l’Eglise, tant sa hiérarchie que des laïcs engagés.

L'Académie avance ?

On met les bouchées doubles : le groupe stratégique se réunit régulièrement et nombre de chantiers suivent leur cours. On maintient le cap pour la rentrée 2010.

Les tensions avec le recteur Coulie sont donc apaisées ?

Il y a eu un différend sérieux, tellement sérieux que Saint-Louis l’a porté devant le groupe stratégique, mais nos demandes ont été rencontrées rapidement et nous continuons à construire positivement la nouvelle université. En même temps, nous développons des partenariats, notamment avec l’ULB au niveau des cours mais aussi au sein du centre de recherche interuniversitaire bruxellois et des "Brussels Studies" en plein boom avec les Etats-généraux de Bruxelles.

La grande université, c'est le plus grand défi pour demain ?

Dans l’intégration, nous ne perdrons ni nos spécificités, ni nos atouts : une grande proximité entre les étudiants et l’ensemble du personnel, une qualité haute dans l’approche pédagogique, notre tradition d’interdisciplinarité et l’ouverture aux autres cultures. A ceux qui craindraient que nous soyions engloutis, je fais remarquer que le projet prévoit aussi une large subsidiarité. Nos spécificités n’en ressortiront que mieux !

christian laporte

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