Belgique La semaine dernière, Sven Mary, l'avocat de Salah Abdeslam, a débuté son fastidieux travail de défense de son client. Il a immédiatement clamé que Salah Abdeslam "coopère". "Il est d'une importance capitale pour cette enquête (...) Je dirais même qu'il vaut de l'or. Il collabore, il communique, il ne maintient pas son droit au silence. Je pense qu'il serait intéressant de laisser maintenant le temps au temps, pour que je puisse en parler avec lui, pour que les enquêteurs puissent parler avec lui", a estimé l'avocat.

Or, les identités des membres du commando des attentats de Bruxelles semblent pour le moment démontrer le contraire. Car, avant son arrestation, Salah Abdeslam était, selon les empreintes digitales et l'ADN, planqué à Forest en compagnie des frères El Bakraoui. Ces derniers font partie des kamikazes des attentats de Bruxelles.

Salah Abdeslam connaissait également très bien Najim Laachraoui, qui a été retrouvé ce mercredi matin par la police. Son ADN a été découvert sur "du matériel explosif utilisé lors des attaques" qui ont fait 130 morts le 13 novembre. L'homme, parti en Syrie en février 2013, est recherché depuis le 4 décembre. Il avait été contrôlé sous la fausse identité de Soufiane Kayal début septembre à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam et de Mohamed Belkaïd, un Algérien de 35 ans abattu par la police à Forest.

Puisque de tels attentats se préparent longtemps à l'avance, il ne fait quasiment aucun doute que Salah Abdeslam n'ignorait pas les projets des autres terroristes.


Sven Mary : "Si j'avais été au courant des attentats, je n'aurais peut-être pas commencé à défendre Abdeslam"

L'avocat pénaliste Sven Mary va continuer à défendre Salah Abdeslam, suspect dans l'enquête sur les attentats de Paris et qui a été interpellé la semaine passée à Molenbeek-Saint-Jean.

Le journal flamand Het Nieuwsblad rapportait mercredi que l'avocat hésiterait, après les attentats de mardi à Bruxelles, à continuer à défendre M. Abdeslam. L'avocat a démenti: "Je n'ai jamais dit ça", a-t-il déclaré à l'agence Belga. "Mais si j'avais été au courant, je n'aurais peut-être jamais commencé" à le défendre. Depuis qu'il a été mis sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction et qu'il est visé par un mandat d'arrêt européen lancé par les autorités judiciaires françaises, Salah Abdeslam n'a plus été entendu. Me Mary a pu rendre visite à son client lundi dans la prison de Bruges.

Jeudi, Salah Abdeslam doit comparaître devant la chambre du conseil de Bruxelles. Il y sera décidé si l'individu reste enfermé. Son avocat a déjà indiqué qu'il ne demanderait pas la libération de son client.