Belgique

Herman Van Rompuy a tiré le bilan de son action politique au travers d'un long entretien publié samedi par les quotidiens Le Soir et De Standaard. Dans les colonnes du journal francophone, l'ancien Premier ministre belge évoque l'action qu'il aurait menée pour tenter de résoudre le dossier BHV. Le prochain président du Conseil européen a confié aux deux quotidiend qu'il "a eu un problème de conscience" et qu'il a "repoussé les propositions européennes jusqu'au dernier moment." Herman Van Rompuy avoue même qu'"on a trouvé la solution idéale: je ne pourrais jamais faire mieux que Jean-Luc Dehaene." L'ancien Premier ministre belge estime, dans l'interview qu'il a donnée au Soir, que ..."le climat (Ndlr: au sein du gouvernement) était très bon. (...) "A vrai dire, j'avais l'impression qu'on était, à nouveau, dans le climat du gouvernement Dehaene."

Herman Van Rompuy déclare son admiration intacte envers Jean-Luc Dehaene et avoue qu'il l'aurait imité pour tenter de résoudre le dossier BHV ... au mois de février. "Je crois qu'en fin de compte, j'aurais été contraint de faire, pour BHV, ce que Jean-Luc Dehaene fait maintenant, c'est-à-dire le faire moi-même, de façon bilatérale, petit à petit. Avec l'écueil d'avoir moins de temps, puisque j'étais Premier ministre. (...) Mon idée à moi, c'était d'atterrir en février, de faire voter la solution négociée si possible dans une chambre du Parlement avant la présidence européenne. Pour que ce soit irréversible." (...) "Ce sera très dur: les parlementaires seront vraiment sous pression, (...) il faudra tenir! Je ne serai rassuré que lorsqu'il y aura un vote sur le texte. Voilà, c'était ça mon plan. Dans la majorité, l'idée qui dominait, c'est que c'était surmontable."

Le président du Conseil européen appréciait de plus en plus sa fonction de Premier ministre. "C'est venu progressivement", avoue-t-il. "Avant que je ne parte, on a eu l'interdiction du tabac, votée avec une majorité de rechange en commission. J'ai dit qu'il fallait laisser voter en séance plénière et qu'entre le Chambre et le Sénat, on trouverait une solution. On m'a dit: "oui mais après vous êtes parti et vous laissez ça à Leterme"... Ce n'était pas mon intention de laisser en suspens des choses qui compliqueraient la tâche de mon successeur. Mais je voyais qu'il y avait, à chaque problème un climat favorable à la recherche d'une solution."

L'ancien Premier ministre belge avoue aussi qu'il aurait prématurément mis un terme à ses fonctions si un accord sur l'asile n'avait pu être trouvé en juillet. "En avril, j'ai fait une tentative sur l'asile avec Turtelboom et Arena. C'étaient de bonnes discussions mais je savais qu'elles ne pouvaient pas aboutir. Mais un effort intellectuel n'est jamais perdu! Je savais qu'on pourrait utiliser cela plus tard." (...) "Si en juillet, on n'avait pas eu un accord sur l'asile, j'arrêtais! Cela n'avait pas de sens de continuer."

Herman Van Rompuy avoue rejoindre ses fonctions de président du conseil européen la conscience libérée. "Je me posais la question de savoir si j'avais fait tout ce que je devais faire", remarque l'ancien Premier ministre. (...) "Quand 27 Etats vous demandent quelque chose, vous ne pouvez pas refuser! Même ceux qui souhaitaient à tout prix que je reste au gouvernement m'ont dit que je ne pouvais faire autrement que d'accepter. (...) Donc je suis parti, mais après avoir contribué à trouver une bonne solution. Mon problème de conscience a disparu parce que, mieux que Dehaene ce n'est pas possible."