Belgique

Johan Sauwens a fini par démissionner de son poste de ministre flamand des Affaires intérieures, dans la soirée de mercredi. Son successeur doit encore être choisi ce jeudi. L'excellence de la Volksunie fait ainsi les frais de sa participation, samedi, à un rassemblement célébrant le 50e anniversaire du Sint-Maartensfonds, une association d'anciens volontaires flamands du front de l'Est.

Réveillant le passé trouble d'une certaine Flandre, l'information a suscité l'indignation des démocrates. Ce sont surtout les socialistes et les écologistes qui voulaient forcer le ministre à partir. La diffusion en sous-main par le Vlaams Blok d'une vidéo amateur montrant Sauwens à cette réunion fut la goutte qui fit déborder le vase, après les excuses publiques du principal intéressé au Parlement.

Dans le courant de la journée de mercredi, le gouvernement flamand s'est toutefois retrouvé quelques heures durant sans majorité politique pour le soutenir. Les députés de la VU avaient en effet décidé de soutenir leur ministre. «Je ne suis pas un petit nazi», a martelé Johan Sauwens à plusieurs reprises. Après avoir remis son mandat entre les mains de son parti, il a finalement cédé en soirée. Je pose ce geste, a-t-il dit, pour permettre à la VU de soutenir le projet positif du gouvernement flamand. Ce jeudi, le ministre-Président Dewael (VLD) fera une déclaration au Parlement.

La démission de Johan Sauwens laisse de nouvelles plaies au sein de la majorité arc-en-ciel. D'une part, les deux ailes de la majorité flamande VLD et VU d'un côté, SP et Agalev de l'autre se sont fortement irritées. D'autre part, l'alliance VU-ID est au bord de l'explosion après que ID 21 se soit distancié de sa formation-mère. Si la majorité flamande semble sauvée, elle devra composer avec une VU encore plus instable... Non sans conséquences au fédéral.

© La Libre Belgique 2001