Belgique

En commission Santé à la Chambre, le ministre Denis Ducarme déclare réclamer un audit sur l'Afsca, avec l'aval de Charles Michel.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme, s'est voulu sévère vis-à-vis de l'Afsca, lors de la commission de l'Agriculture de la Chambre, au cours du débat consacré au scandale Veviba ce lundi après-midi. Il a annoncé que des réformes auront lieu au sein de l'Agence Fédérale de Sécurité de la Chaîne Alimentaire afin de mettre fin à certains "déficits" en matière de contrôle et de transmission de l'information.

"J'ai constaté un certain nombre de déficits et j'ai le soutien du Premier ministre pour opérer des réformes en cette matière. Nous devons apporter pleinement au consommateur la garantie, le droit d'avoir accès à une nourriture conforme et saine", a déclaré le ministre.

"J'estime que des dispositions auraient dû être prises pour des contrôles intensifs. Dans ce sens, compte tenu du constat opéré lors de la perquisition, j'ai estimé que le contrat n'a pas été rempli. J'ai informé le Premier ministre de ma volonté à commander un audit sur l'Afsca ! Oui, il y aura des réformes sur la manière dont les contrôles sont opérés !", a-t-il ajouté.


"Pratiques mafieuses"

Le ministre a retracé devant les députés la chronologie des faits depuis octobre 2016, quand les autorités kosovares ont informé la Belgique d'une saisie de viande fournie par Veviba, jusqu'à ces derniers jours. La découverte de la falsification a entraîné l'ouverture d'une instruction judiciaire mais il a fallu attendre le 28 février pour qu'une perquisition de grande ampleur soit menée chez Veviba; une perquisition qui débouchera sur les mesures sanitaires prises au début mars.

"Pourquoi aura-t-il fallu au juge d'instruction plus d'un an et demi pour réaliser une perquisition compte tenu de l'information en lien avec la tentative d'exportation de viande avariée au Kosovo?", se demande Denis Ducarme.

Le ministre n'a pas mâché ses mots à l'égard de l'entreprise de Bastogne dont il a stigmatisé les "pratiques mafieuses".


Nollet "en colère"

Le député fédéral écolo Jean-Marc Nollet a été très critique vis-à-vis de l'Afsca, de son administrateur délégué Herman Diricks mais aussi envers le ministre Ducarme. Il rappelle le signal d'alerte que l'opposition avait lancé lors de la crise du fipronil et constate le peu de changement au sein de l'Afsca.

"Un audit, ça ne suffit pas. C’est le logiciel complet de l’Afsca qu’il faut revoir. C’est le modèle qui le sous-tend qu’il faut changer. Il faut avoir le courage de s’attaquer au modèle agro-alimentaire dans son ensemble", a-t-il conclu, après s'être dit "en colère".