Belgique prostitution

Une information judiciaire a été ouverte au parquet de Bruxelles contre la commune de Schaerbeek, en raison de l’instauration d’un nouveau règlement communal qui impose une taxe "sur les lieux de prostitution en vitrines", rapportaient, mercredi, Sudpresse et "De Standaard".

L’enquête fait suite à une notice de la police fédérale de Bruxelles adressée à l’office du procureur du Roi. Le procès-verbal constate un cas de proxénétisme dans le chef des autorités de la commune de Schaerbeek. Le règlement communal a été voté lors du conseil communal du 30 mai 2012. La taxe est de 8 200 euros par an et par salon. L’ensemble du conseil communal a adopté la mesure. La majorité a voté pour tandis que l’opposition s’est abstenue. Selon Sudpresse, c’est la première fois que les mots "taxe sur la prostitution" se retrouvent écrits noir sur blanc dans un tel document officiel alors que l’exploitation de la prostitution est toujours prohibée et punissable en Belgique.

"Traiter la commune de Schaerbeek de proxénète est tout bonnement scandaleux car la commune ne fait aucun profit avec cette nouvelle taxe à charge des exploitants de lieux de prostitution. Celle-ci permet simplement de financer le nettoyage du quartier ou encore la présence policière en rue", a réagi, mercredi, le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (FDF).

Pour Bernard Clerfayt, la commune fait preuve de bonne gestion en taxant les exploitants des lieux de prostitution en vitrines et non plus les serveuses de ces établissements.

Selon lui, l’activité de prostitution sur le territoire de Schaerbeek entraîne des charges énormes pour la commune. Il est dès lors légitime de taxer les exploitants plutôt que de faire payer l’ensemble des Schaerbeekois.

Par ailleurs, Bernard Clerfayt a annoncé que la commune se constituerait partie civile dans ce dossier parce qu’à ce jour aucune taxe n’a été enrôlée et qu’il n’y a donc pas lieu de dresser un PV. La commune portera plainte contre le policier qui dit avoir constaté l’infraction. Le bourgmestre s’est aussi engagé à verser une partie des montants récoltés à des associations luttant contre les violences faites aux prostituées. (Belga)