Belgique La firme de gardiennage se voit confier la surveillance du quartier de Heverlee. Le recours au privé s’amplifie à l’armée.

Pour la toute première fois dans l’histoire de l’armée belge, une entreprise privée va assurer la protection d’une caserne militaire, une mission jusque-là assurée par les soldats eux-mêmes. C’est la société de gardiennage Securitas qui a remporté le marché public pour la surveillance de la caserne Cdt De Hemptinne à Heverlee - elle abrite notamment les forces spéciales et les chasseurs à cheval.

Le contrat "est d’application depuis le 16 novembre 2017 et ce, pour une durée de quatre ans, avec possibilité de prolonger une année supplémentaire", a indiqué Securitas, jeudi, dans un communiqué. "Nous allons prévoir, outre le contrôle d’accès, un système de gestion de clés, du gardiennage, ainsi qu’un système de détection d’intrusion, détaille Koen Colpaert, le porte-parole. Le concept que nous avons développé offre une combinaison d’agents de gardiennage et de solutions technologiques, comme des systèmes de caméras, de détection ou encore des armoires à clés intelligentes."

Faire autant avec moins

Les effectifs se réduisent d’année en année à l’armée. Selon la vision stratégique du ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), elle ne comptera plus que 25 000 hommes à l’horizon 2030, contre près de 30 000 en 2017. Le gouvernement souhaite néanmoins maintenir le niveau d’engagement des troupes dans les opérations. Le défi consiste donc à faire autant avec moins. C’est pour cette raison que le ministre veut recentrer les soldats sur le cœur de leur métier. Les tâches qu’ils effectuent aujourd’hui et qui ne sont pas spécifiquement militaires seront autant que possible externalisées (confiées à des partenaires civils privés ou publics). Le 16 août, la firme Sodexo se voyait ainsi confier le service de repas à l’Ecole royale militaire à Bruxelles.

En février, le gouvernement lançait un appel d’offres pour la surveillance de la caserne de Heverlee (Louvain). Le marché vient d’être remporté par Securitas. Pour l’heure, il ne s’agit que d’un projet pilote, comme l’indiquait M. Vandeput en février. Sur la base de l’évaluation qui en sera faite, le concept pourrait être généralisé à l’ensemble des quartiers militaires.

Par le passé, la sous-traitance à des partenaires privés a déjà été utilisée, entre autres, pour la maintenance d’installations techniques, le nettoyage, l’entretien des jardins, le développement de software, les soins de santé primaire, l’entretien de véhicules (navires, avions, véhicules utilitaires), voire même la location d’avions gouvernementaux. Le mouvement est définitivement en marche.