Belgique

Trois jours après l’agression de deux policières, grièvement blessées par un Algérien en séjour illégal, devant l’hôtel de police de Charleroi, le roi Philippe et la reine Mathilde se sont rendus à l’hôpital Notre-Dame de la ville puis au commissariat.

En fin de matinée, le couple royal est arrivé au siège du Grand Hôpital de Charleroi, où les attendaient le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et le gouverneur de la province du Hainaut, Tommy Leclercq (PS). Les mesures de sécurité étaient maximales.

La Reine est allée au chevet d’Hakima, grièvement blessée au visage à coups de machette. Corinne, sa collègue, n’est plus à Charleroi car elle a été transférée lundi vers les cliniques universitaires Saint-Luc, à Bruxelles, pour y subir de nouvelles opérations. Le couple royal a également rencontré les responsables de l’établissement hospitalier.

Le Roi et la Reine ont ensuite gagné l’hôtel de police pour une rencontre avec le commissaire en chef, Philippe Stratsaert, et la bourgmestre déléguée, Françoise Daspremont.

Ils se sont fait expliquer, sur l’esplanade et à proximité du chalet d’accueil où l’attaque a eu lieu, les détails de l’agression. Ils se sont ensuite rendus au vingtième étage de la tour, pour une rencontre avec des policiers qui étaient de service au moment de l’attaque.

Plus tôt dans la matinée, plus de 250 policiers s’étaient rassemblés au pied de la tour de police pour un hommage à leurs collègues victimes.

L’initiative a été prise de rassembler ces policiers, venus de la zone de police de Charleroi, mais aussi de plusieurs zones voisines telles que Germinalt, Brunau, Flowal, Anderlues-Binche, et Mons-Quevy, au lendemain de la visite d’une délégation des zones de police de Bruxelles, venue apporter son soutien à leurs collègues carolorégiens.

Des policiers arboraient mardi des affichettes sur lesquelles on pouvait lire : " Nous ne sommes pas des cibles" ou "Je suis Charleroi 06.08.2016."

Une minute de silence a été observée, en hommage aux deux policières blessées et à celle qui a neutralisé l’agresseur.

Le niveau de menace maintenu à 2+

Une réunion de concertation entre le ministre de l’Intérieur, la hiérarchie policière et l’Ocam a eu lieu plus tard dans la journée. Le ministre recevra les syndicats, ce mercredi, à 10 heures. Des syndicats qui attendent avec impatience des mesures de sécurité complémentaires pour les agents.

Ils risquent de n’être pas satisfaits d’apprendre que le niveau de la menace les concernant sera maintenu à 2+ dès lors que, comme l’a indiqué mardi, le patron de l’Ocam, Paul Van Tigchelt, "il n’y a à ce stade aucune information concrète invitant à relever le niveau pour la police", ni d’indication concrète qu’un un nouvel attentat est en préparation contre la police.

Estimation locale

Au cabinet du ministre Jambon, on indiquait que la réunion de mardi a surtout servi à faire le tour de l’ensemble des mesures de sécurité à la disposition des zones de police. "Elles sont nombreuses", observait-on et ce qui compte surtout, c’est veiller à garantir une certaine uniformité.

Apparemment, il est aussi question d’encourager les chefs de corps à estimer eux-mêmes le risque, comme c’est déjà le cas dans de nombreuses zones de police qui réalisent leur propre analyse.