Belgique

L’été est propice à de longs déplacements en voiture vers des lieux de villégiature souvent éloignés de son point de départ. Le risque de somnolence au volant est donc bien réel.

Or, on sait que les accidents causés par la somnolence sont souvent très graves car ils surviennent sur des voies rapides et monotones et ils impliquent généralement un véhicule qui percute un obstacle à grande vitesse.

Les automobilistes qui s’apprêtent à avaler des kilomètres feraient bien de prendre connaissance des résultats de l’étude que vient de mener l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) auprès de 2.500 conducteurs.

Un trajet sur vingt concerné

Elle établit qu’un trajet sur 20 (4,8% pour être précis) est effectué dans notre pays par un conducteur somnolent et qu’un trajet sur 200 est effectué par un conducteur qui a des difficultés à rester éveillé.

Pour la première fois, les facteurs qui jouent un rôle néfaste sur la vigilance ont été quantifiés. Les plus importants consistent à passer plus de 4 h par jour au volant (le risque de somnolence est alors multiplié par 8) et à avoir une durée de sommeil inférieure à 4 heures (le risque est multiplié par 5).

Les horaires de travail irréguliers, le fait de souffrir d’insomnie ou d’avoir but entre deux et quatre verres d’alcool avant de prendre le volant, l’obligation de se lever tôt multiplient, quant à eux, le risque par deux. Par ailleurs, la somnolence augmente avec la distance parcourue et elle affecte surtout les jeunes conducteurs (18-30 ans).

Elle ne fait en revanche aucune différence entre les sexes.On ne note pas non plus d’écarts significatifs entre les usagers des trois régions du pays mais la somnolence toucherait davantage les personnes hautement diplômées et les catégories socioprofessionnelles les plus élevées.

Il n’existe, en Belgique, aucune donnée précise à propos du pourcentage d’accidents dus à la fatigue mais des études internationales suggèrent qu’elle serait en cause dans près de 20% des accidents graves. Il s’agit donc d’un facteur de risque très élevé, comparable aux trois grands facteurs d’insécurité routière: la vitesse, l’alcool et le non-port de la ceinture.

Bandes rugueuses et aire de repos

On sait par exemple que si 2,4% des les trajets effectués en Belgique le sont par des conducteurs sous l’influence de l’alcool, la part de l’alcool au volant dans les accidents graves s’élève à 25%. On mesure donc tout le danger que représente une conduite somnolente.

L’IBSR estime que pour lutter contre le phénomène on peut jouer sur plusieurs tableaux: l’usage de bandes rugueuses est conseillé, car elles ont tendance à réveiller le conducteur, la création d’aires de repos sécurisées est hautement souhaitée; le développement de solutions à bord de la voiture histoire de détecter la somnolence est à encourager. De même, l’aide au maintien de la trajectoire peut se révéler utile. Mais l’ IBSR met en garde: il ne faudrait pas que ces technologies donnent aux automobilistes un faux sentiment de sécurité.

Enfin, des campagnes sont nécessaires pour informer les conducteurs des risques liés à la somnolence au volant, mais surtout des stratégies efficaces pour lutter contre le phénomène.

Trop souvent, les conducteurs qui en souffrent se contentent de hausser le volume de l’auto-radio, d’ouvrir la fenêtre ou de discuter avec leurs passagers, toutes démarches le plus souvent inutiles.