Belgique

La probabilité que la semaine de 32 heures figure dans le prochain accord interprofessionnel (AIP) est pour ainsi dire nulle, si l'on se réfère aux réactions glaciales formulées depuis le banc patronal. Le syndicat socialiste veut que la semaine de travail passe de 38 à 32 heures, pour faciliter l'équilibre vie privée-vie professionnelle et aussi permettre à tout le monde d'avoir un emploi. Pour y arriver, la FGTB privilégie l'option d'une semaine de quatre jours. Le syndicat appuiera cette proposition lors des négociations interprofessionnelles de cet automne.

A la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), la réaction est brève et limpide. "Nous réagissons volontiers dans le cadre des discussions concernant l'AIP à des propositions dont le contenu est réaliste", a indiqué un porte-parole de la fédération patronale.

Du côté de l'organisation des classes moyennes flamandes Unizo, on évoque une idée "irréaliste et impayable". Selon son administrateur délégué Danny Van Assche, une réduction du temps de travail de 38 à 32 heures avec maintien du salaire entraînerait une hausse du salaire horaire de 18,75%.

Quant au syndicat neutre pour indépendants (SNI), qui contrairement à la FEB et à l'Unizo ne siège pas à la table du Groupe des 10, il parle d'une proposition "irréaliste et dangereuse" représentant "un coup mortel pour les TPE et les PME". "Concilier la carrière professionnelle et la famille n'est évident pour personne, mais travailler moins n'est surtout pas une solution", estime la présidente du SNI, Christine Mattheeuws, qui suggère en revanche une législation sociale "plus flexible" et le développement de "services de gardes d'enfants supplémentaires et sur-mesure".