Belgique

Accueil polaire. Inutile de dire que l’annonce vendredi de l’approbation par le Conseil des ministres du projet de loi relatif au service minimum passe mal dans les rangs syndicaux. Mal, très mal.

"Ceux qui ont pris cette décision sont des assassins en puissance" , tonne Michel Abdissi, président de la CGSP Cheminots. Et d’ajouter : "A l’heure actuelle, tous les usagers du rail vivent déjà un service minimum au quotidien. La dotation pour le rail belge a été réduite de 3 milliards en l’espace de cinq ans et la SNCB n’est plus aujourd’hui en capacité d’offrir un service public de qualité. Et c’est bien là que se situe le véritable enjeu."

Pour le responsable syndical, ce service minimum sera porteur de risques pour le rail belge. "Je ne souhaite pas être responsable d’une catastrophe ferroviaire dans ce pays. Il faut se rendre compte que vouloir faire circuler un train sur quatre en période de grève mobilisera par exemple jusqu’à 85 % du personnel dans les cabines de signalisation. On demandera alors aux volontaires de prester plus de huit heures, parfois seize, ce qui n’est pas compatible avec les exigences de sécurité." Le responsable syndicat, qui n’a pas reçu copie du projet de loi, le soumettra à ses services juridiques. Objectif : vérifier s’il ne bafoue pas des règles ou conventions liées au travail, notamment celles qu’a signées la Belgique dans le cadre de la charte européenne sociale.

Même son de cloche du côté de Marianne Lerouge, responsable de la CSC Transcom : "Ce service minimum n’est en rien une réponse aux défis du rail belge, à savoir assurer une meilleure ponctualité et disposer des moyens financiers et humains pour un service de qualité. Le monde politique a son propre agenda qui n’est pas en phase avec celui des usagers du rail ou des cheminots." Et Marianne Lerouge d’enfoncer le clou : "Le monde politique fait croire aux citoyens que ce service minimum sera une réponse aux grèves émotionnelles. Ce n’est absolument pas le cas. Si le gouvernement continue à imposer des économies supplémentaires sur le rail belge et la direction à passer en force sur certains sujets, il y aura encore des grèves émotionnelles. Et, cela, aucun projet de loi ne pourra l’empêcher…"

Bref, on l’aura compris, la tension est remontée d’un cran sur le rail belge.