Belgique

Les Etats européens ont déjà fait face à deux vagues de retours de combattants étrangers: celle des désillusionnés, revenus au pays au plus vite, puis celle, plus menaçante, concomittante aux revers encaissés dernièrement par l'Etat islamique. Les spécialistes s'attendent maintenant à une troisième vague, qui serait composée pour l'essentiel de femmes et de mineurs. En Belgique, le Conseil national de sécurité vient de durcir les mécanismes de contrôle pour les jeunes de moins de 18 ans. Jusqu'à présent, très peu d'entre eux sont rentrés.

Les autorités estiment qu'au moins une centaine de mineurs belges ou potentiellement belges se trouvent dans la zone irako-syrienne, emmenés là par leurs parents djihadistes ou, plus rarement, partis eux-mêmes combattre. La grosse majorité aurait moins de 12 ans. Mais entre ceux qui sont nés sur place et ceux qui y sont morts, difficile d'avoir une vue précise de la situation.

"Dès leur plus jeune âge, les enfants dans une zone de guerre sont exposés à la violence et éventuellement à l'endoctrinement. Ceux-ci peuvent donc être traumatisés et souffrir de problèmes physiques ou psychologiques. C'est pourquoi il importe de prévoir un suivi efficace et individualisé. Tous les mineurs qui reviennent de Syrie/Irak font l'objet d'un suivi par le parquet de la jeunesse et par les agences communautaires d'aide à la jeunesse", avait assuré en octobre le ministre de l'Intérieur Jan Jambon devant la Chambre.

Il avait alors précisé que 14 enfants de combattants étrangers étaient rentrés en Belgique, dont 11 de moins de six ans au moment de leur retour.

A ce jour, seuls huit mineurs sont pris en charge, a par ailleurs appris Belga: six qui relèvent de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et deux de la Flandre, d'après les chiffres communiqués respectivement par le cabinet du ministre francophone de l'Aide à la jeunesse, Rachid Madrane, ainsi que par l'Agence flamande de l'aide sociale aux jeunes.

Seul un de ces mineurs a été placé dans une Institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ), en régime fermé. Il s'agit de l'adolescente de 14 ans interceptée au mois d'octobre en Turquie avec son bébé né quelques jours auparavant. Ce bébé ainsi que les six autres mineurs sont eux pris en charge par les services d'aide à la jeunesse non juridictionnels. Ils sont revenus en Belgique avec leur famille et considérés comme en danger.