Belgique Après que des milliers d'enfants aient perdu la vie dans la Corne de l'Afrique, l'appel à la solidarité continue activement dans nos pays. La cause n'avait pourtant récolté que 500 000 euros après dix jours d'opération. Les occidentaux se sentiraient-ils moins concernés par ces causes sociales ou le problème est-il ailleurs? Qu'en est-il de la solidarité aujourd'hui ?

“C'est plutôt exceptionnel que l'on puisse mobiliser de manière forte, même si la crise est spectaculaire”, selon Erik Todts, président du Consortium 1212. Pour Yvonne L'Hoest, présidente des Restos du Coeur de Belgique, « les donateurs sont des personnes âgées d'environ 60 à 80 ans. Par contre, il est plus difficile de recruter des donateurs réguliers qu'avant, les gens prennent moins part à cette cause car chacun a ses problèmes”. Stijn raes, responsable des services de récolte de fond chez Oxfam confirme d'ailleurs que les dons proviennent de donateurs réguliers, mais que la stratégie de récolte de fonds nécessite une créativité de plus en plus importante.

La mobilisation ne serait pourtant pas la même selon les causes et de nombreux facteurs joueraient en faveur ou en défaveur de celles-ci. “Le tsunami est plus atypique et a eu lieu durant la période de Noël donc ça jouait en sa faveur, ici la famine se passe pendant les vacances ce qui est plutôt contre”, affirme Erik Todts, président du Consortium 1212. Toujours selon lui, la proximité, le côté spectaculaire ou “non spectaculaire”, comme les inondations au Pakistan, auraient aussi un rôle important. La médiatisation tient également une place particulièrement importante dans le déploiement de la solidarité en faveur d'un évènement.

Au-delà des dons il reste l'investissement personnel comme le bénévolat. Même si selon la responsable de communication d'Oxfam, Chantal Nijssen, le nombre de bénévoles n'est pas particulièrement en baisse, l'investissement personnel ne semble plus aussi sérieux qu'il l'a déjà été. “On a des problèmes de bénévoles dans le sens où ils viennent un peu à la carte. Ca devient difficile d'avoir des gens fiables qui viennent régulièrement”, rajoute Yvonne L'Hoest, présidente des Restos du Coeur de Belgique.

Même si pour Chantal Nijssen d' Oxfam il n'y a en aucun cas une crise de l'engagement, au Consortium 1212, on n'oublie cependant pas de rappeler que “le rôle des actions mobilisatrices est très importante. Avant que les actions s'organisent il faut qu'il y ait une certaine pression sociale”.