Belgique Durant tout cette semaine, "La Libre" se risque au périlleux jeu de l'anticipation. Chaque jour, nous désignerons les personnalités, les phénomènes de société, les innovations qui devraient occuper, en Belgique et dans le monde, le devant de l'actualité dans l'année qui vient.

1) Vincent Blondel, r ecteur de l'Université catholique de Louvain

Vincent Blondel a le sens du timing. C’est le 4 juillet dernier, alors que les cénacles politiques, médiatiques et universitaires n’avaient plus que l’été en tête, qu’il dévoila son intention : celle de fusionner l’UCL et l’université Saint-Louis-Bruxelles. La nouvelle prit tout le monde de cours. Accompagné de Pierre Jadoul, son homologue de la capitale, il dévoila alors sa volonté de croître et d’assurer l’avenir de ce qui serait une université plus importante, plus efficace et plus forte. Mais Vincent Blondel a aussi le goût de l’audace. Il sait que son projet demeure un pari risqué. Les directions des deux universités ont accepté en décembre la note balisant la fusion, mais sans grand enthousiasme à Saint-Louis, où 65 % de l’assemblée générale a voté pour. Il faudra atteindre le quorum des 80 % au mois de mars pour que le projet soit entériné. Du coup, dans les couloirs bruxellois, les débats s’aiguisent de plus belle entre les pour et les contre, alors que l’ULB, redoutant un débarquement louvaniste sur ses terres, fait le forcing pour proposer une autre destinée à Saint-Louis.

2) Sophie Dutordoir, la nouvelle patronne de la SNCB

Nommée le 16 décembre dernier, Sophie Dutordoir sera à partir du 7 mars de cette année la nouvelle administratrice déléguée de la SNCB. Les défis ne manqueront pas pour celle qui fut la patronne d’Electrabel et qui avait pris ses distances ces dernières années avec les grandes entreprises belges pour ouvrir une table d’hôte et une épicerie italienne à Overijse.

La voilà donc de retour aux affaires dans une entreprise au cœur de la mobilité de tous les Belges. Il lui faudra relever trois grands défis. Un : mener à bien la rédaction et la signature d’un nouveau contrat de gestion entre l’Etat et la société de chemins de fer. Deux : définir les contours d’un plan d’investissements 2016-2021 dans un cadre budgétaire étriqué. Trois : tenter de maintenir un climat de paix sociale. Sur ce dernier point, Jo Cornu avait souvent "cabré" les organisations syndicales. Sophie Dutordoir, au style direct mais dont on loue le sens de l’écoute, devra en tout cas rapidement "déminer" une première bombe sociale car le gouvernement n’a pas fait mystère de sa volonté d’aboutir sur la mise en place d’un service minimum. Un premier dossier déjà… explosif.

3) Robert Vertenueil, pressenti pour remplacer Marc Goblet à la tête de la FGTB

Marc Goblet est à bout. On n’ira pas jusqu’à dire que ses responsabilités au poste de secrétaire général de la FGTB sont la cause de ses ennuis de santé. Mais on peut penser sans peine qu’elles ne lui permettent pas de s’en occuper sérieusement. Le leader syndical a donc décidé de prendre - anticipativement - sa pension et de quitter la vie publique le 30 juin 2017.