Belgique

La magistrate est suspectée d’avoir inventé son agression et d’avoir voulu frauder l’assurance.

Nouvel épisode dans le dossier "Karin Gérard" avec l’annonce, par Sudpresse et les journaux du groupe Mediahuis, que le parquet général de Bruxelles avait transmis le dossier relatif à l’agression "présumée" de la présidente à la cour d’appel de Bruxelles au ministre de la Justice afin que celui-ci le transmette à son tour à la Cour de cassation.

Selon Sudpresse, le parquet général a conclu que Karin Gérard a inventé l’agression dont elle dit avoir été victime le 5 janvier 2016, a proximité du palais de justice de Bruxelles et serait suspectée d’avoir fraudé sa compagnie d’assurance. Dans un communiqué qu’il nous a transmis, le parquet général a démenti cette version. Il affirme s’être contenté de faire savoir qu’il avait transmis le dossier à M. Geens, afin que celui-ci l’adresse à la Cour de cassation.

Le 5 janvier, dans sa plainte contre X pour vol à l’aide de violence et menaces, la magistrate avait décrit ses agresseurs comme trois individus de type slave. Elle souffrait de blessures diverses (nez fracturé, lèvre ouverte et commotion cérébrale) et avait signalé le vol de bijoux de valeur. On a parlé de 60 000 euros, mais ces chiffres sont contestés.

Les doutes du parquet de Bruxelles

Le parquet de Bruxelles avait ouvert une enquête à la suite de ses déclarations, mais il a rapidement conclu qu’aucun élément matériel ne confirmait les déclarations Mme Gérard. Il a ensuite transmis une copie du dossier au parquet général, qui a décidé d’ouvrir une enquête sur Karin Gérard elle-même.

Le parquet général vient donc de terminer son enquête. Il a transmis le dossier au ministre de la Justice, afin que ce dernier l’envoie à la Cour de cassation. Cette dernière aura trois options : le non-lieu, une demande d’un complément d’instruction ou le renvoi devant un juge de fond.

Dans ce dernier cas, Karin Gérard risquerait la radiation à vie et la perte de sa pension.

Ses avocats, Mes Jean-Pierre Buyle et Marc Uyttendaele, estiment que les soupçons pesant sur leur cliente sont "indignes et risibles" (voir ci-contre). Il y un an, ils avaient déjà commenté l’ouverture de l’enquête du parquet général. "Au moment où Karin Gérard saisit un juge d’instruction pour qu’une enquête impartiale soit effectuée, elle constate que le parquet général entend se réapproprier le dossier judiciaire. Cette initiative intervient curieusement le jour où Mme Gérard a saisi la justice pour violation du secret de l’information", avaient-ils déclaré.