Belgique

HISTOIRE

Les cris d'allégresse fusant de toutes parts au passage des blindés. Les maisons couvertes de pavillons et de banderoles. Les drapeaux tricolores flottant à tout vent. Les cloches sonnant de bonheur, des plus humbles chapelles aux plus hautes tours de cathédrales. Les petites filles tendant des bouquets au bord des chemins. Les plus grand(e)s grimpant sur les chars, les Dodge ou les Jeep. Les tommies et les GI's tout sourire serrant les mains et donnant des autographes. Les distributions de chocolats, de chewing-gums, de cigarettes blondes. L'animation et les danses improvisées dans les quartiers au son des pick-up... C'était il y a soixante ans.

«Tout cela, qui survient sans transition, dans un tourbillon inespéré qui donne le vertige, est si émouvant, si prenant, si pathétique que nous nous demandons parfois en nous frottant les yeux si nous ne sommes pas dans l'irréel...», lit-on sous la plume de Paul Struye, dans les pages jaunies de «La Libre Belgique» du 6 septembre 1944. A Londres, devant la Chambre des Communes, Churchill a résumé la situation avec flegme: «We have in Belgium a tumultuous welcome.»

Dieu sait pourtant s'il a été attendu, ce moment, si chacun l'a vu poindre à l'horizon, aussi certain que le lever du jour, depuis que sur les plages de Normandie, trois mois plus tôt, l'espoir a changé de camp. Dans cette atmosphère de fin de l'Ordre noir, on ne s'étonnera pas de voir grossir les rangs de ceux qui trépignent de faire connaître à l'ennemi et à ses séides «le prix du sang et des larmes», comme dit le Chant des partisans. Le zèle est d'autant plus grand, chez certains, qu'ils espèrent ainsi faire oublier des comportements antérieurs beaucoup moins héroïques. Pendant les deux mois de juin et juillet, la police allemande recense plus de 700 sabotages, attentats ou agressions dans l'ensemble de nos provinces. La témérité atteindra sans doute son point culminant le 30 août, quand le personnel des chemins de fer parviendra à bloquer à Muizen le dernier train conduisant des prisonniers vers l'enfer concentrationnaire. Mais les tueurs de la Gestapo ont gardé les coudées franches et assassinent impunément.

Republiés il y a peu par les éditions Complexe, les rapports semestriels de Paul Struye, transmis notamment à Londres, font état eux aussi d'une montée des violences dans les derniers temps de la présence allemande. «De nombreux collaborateurs de l'occupant ont été abattus chez eux, en rue ou en pleine campagne. Des femmes figurent en assez grand nombre parmi eux. Il s'agit toujours, dit-on, de dénonciatrices qui auraient livré des réfractaires à l'occupant. Un «traître» a été trouvé dans un bois près d'Houffalize, pendu à l'aide de crochets de boucher plantés dans la gorge.» Les exactions ne sont pas que politiques. Dans le Hainaut et le pays de Liège éclatent des jacqueries de citadins qui, poussés par la faim, s'attaquent aux fermes en réclamant des vivres.

A partir du 20 août, il n'est plus possible de douter que l'épreuve touche à son terme. On sait par les nouvelles venant de France que la tache d'huile alliée ne cesse de s'y étendre. On voit plus encore, dans le comportement des hommes du Reich, se dessiner les symptômes de la débâcle. Ils crient, non plus sur les autochtones, mais les uns sur les autres! Tous les véhicules leur sont bons pour y entasser les bagages. A la gare du Nord à Bruxelles, ils se bousculent pour trouver place dans les trains à destination de l'Allemagne. Où est passée la discipline teutonne? Les hôpitaux ne désemplissent pas de leurs blessés amenés du front. Parmi les soldats de ce Reich qui devait «durer mille ans» circulent boutades et constats ironiques, du genre: «Un avion blanc, c'est un américain. Un noir, c'est un anglais. Et pas d'avion du tout, c'est la Luftwaffe»... Le 31 août, au nom de l'autorité occupante, le Gauleiter Grohé et le général Jungclaus, qui ne doutent encore de rien, eux, du moins en apparence, publient une proclamation dont le contenu tragi-comique, en ces circonstances, ne manque pas de frapper: «Vous connaissez suffisamment d'exemples de la misère effroyable provoquée par les occupations anglo-américaines», affirment-ils, ajoutant plus loin: «Mais le jour approche où l'Allemagne vaincra ses ennemis et aura assuré le droit et le progrès social des peuples européens. Flamands et Wallons, soyez toujours persuadés de notre amitié et de la communauté de sort qui nous unit.»

La frontière belge est d'abord franchie par erreur, près de Rongy, à quinze kilomètres de Tournai. Le samedi 2 septembre, peu avant 9h30, un motocycliste éclaireur de la 2e Armored Division américaine passe le pont de l'Elnon, un petit ruisseau qui sépare notre territoire de celui de l'Hexagone. Quand les villageois viennent l'acclamer et agitent à leurs fenêtres des drapeaux noir, jaune, rouge, le boy comprend qu'il s'est trompé, rebrousse chemin et retourne au pays des mille fromages. La Belgique ne figure pas sur son ordre de mission et on ne badine pas avec les consignes.

Certaines sources font état d'autres incursions mais elles ne sont pas certaines. Quand le gros des forces alliées commence son entrée quelques heures plus tard, il va de toute manière bon train, poussé par la nécessité de prendre le port d'Anvers intact, les débarcadères provisoires de Normandie ayant montré leurs limites.Le déclin de la combativité dans la plupart des rangs ennemis contribue aussi à une progression rapide. Les dernières poches seront réduites avec l'aide de la résistance intérieure qui libérera Charleroi et empêchera astucieusement la destruction de la Métropole.

Non sans agitations et affrontements dans les états-majors, le travail a été dûment réparti. Entre la côte et Ypres pénètrent la 4e division blindée canadienne et la 1re blindée polonaise (à laquelle la tour Stanislas, à Tielt, rend hommage). Entre la Lys et l'axe Ath-Hasselt s'avancent la 7e division blindée (vers Gand) et la 11e (vers Anvers, objectif prioritaire) ainsi que celle des Guards (vers Bruxelles). Ces forces relèvent respectivement de la IIe Armée canadienne et de la IIe Armée britannique, commandées par le maréchal Montgomery. Sur Ath-Wavre-Maastricht, Mons-Charleroi-Namur-Liège et les deux Luxembourg déboulent les XIXe, VIIe et Ve corps, de la Ire Armée américaine de Courtney Hodges, supplanté toutefois par Montgomery. Chaque corps dispose d'une division blindée en tête et de groupes blindés de reconnaissance.

Dans cet effort commun, les quelque 2200 Belges de la brigade Piron, liés au 12e corps britannique, ne font pas que de la figuration. Arrivés à Courseulles (Arromanches) au début du mois d'août, ils ont libéré la Côte fleurie normande de l'Orne à la Seine avant le retour au pays. Passant à Rongy le 3 septembre dans l'après-midi, ils s'arrêtent pour la nuit à Enghien. Le 4, ils sont rasés de près pour faire leur entrée à Bruxelles, déjà atteinte la veille par des troupes de reconnaissance. La fraternité des armes ne dispensant pas des savants équilibres pour ménager les susceptibilités, les Guards précèdent le Groupement belge, mais deux pelotons belges l'accompagnent.

L'ENTERREMENT DE HITLER

C'est lundi, mais presque personne ne travaillera dans la capitale où prennent fin près de 1600 jours de servitude. La vie va changer. Dans le quartier du Vieux Marché, un cortège parodie un enterrement de Hitler avec des musiciens jouant des marches funèbres et, dans le cercueil ouvert, une vedette du folklore local, ornée de la moustache et de la mèche évocatrices, qui se relève et vocifère en se faisant arroser d'injures et de détritus. On reçoit clairement les émissions de la BBC, mais l'Institut national de radiodiffusion (INR) est toujours muet. Les résistants ont cependant empêché de justesse les Allemands de bouter le feu au bâtiment de la place Flagey. Des combats sporadiques ont encore lieu, notamment dans le parc du Cinquantenaire, contre quelques derniers carrés. «La Libre Belgique» reparaît le mercredi suivant en remerciant... «Le Soir» qui a, dans un «geste d'entraide confraternelle» , mit son imprimerie à la disposition de notre journal dont les locaux avaient été occupés et pillés par les «Boches». La coupole du Palais de justice, où les Allemands ont fait brûler des archives et sauter des munitions, va brûler pendant plusieurs jours. Comme tout le monde manque de tout, les biens délaissés par l'occupant sont passés au peigne fin. «L'ancien hôpital Saint-Jean est vide et la population l'a mis au pillage, raconte Robert Verhelpen, d'Etterbeek. Tout ce que les Allemands ont laissé ou n'ont pas pu emporter est pillé. Il ne reste que trois Allemands dans la caserne et ils laissent faire. Les gens ramènent des sacs de charbon, des gamelles, des pelles et des pioches, des masques à gaz, des jumelles, certains arrivent déjà avec des charrettes (...) Nous apprenons, par la suite, que les casernes, les hôpitaux et la gare de Tours et Taxis ainsi que tous les hôtels et restaurants occupés par les Allemands ont été pillés» .

L'optimisme règne et même déborde. Dans la liesse, la population oublie le rationnement et consomme ses provisions, croyant que le temps des épreuves a touché à sa fin. Grave erreur! Les autorités alliées devront faire sillonner les rues par une voiture à haut-parleur pour arrêter la propagation d'une rumeur affirmant que l'Allemagne a capitulé.

On en est encore loin... Et les SS, dans leur retraite, sont bien décidés à gâcher la fête. Parfois par représailles après des actions résistantes, parfois sans autre raison que le dépit, des civils sont massacrés à Wauthier-Braine, à Verviers, à Sovet, à Hechtel, à Marcourt... A Liège, le 7, des chars téléguidés Goliath bourrés d'explosifs, lancés pour faire sauter les carrefours et gêner le passage des Américains, font des dizaines de victimes.

Plus redoutables encore que ces horreurs d'arrière-garde sont les règlements de compte entre compatriotes, même s'ils n'atteignent pas l'ampleur qu'on leur connaît en France. Il est de bon ton de se donner des apparences de maquisard en portant son fusil de chasse en bandoulière ou en faisant passer ses chaussettes au-dessus du bas de son pantalon. Mais ces combattants de la onzième heure ne risquent guère d'entraver la justice sommaire administrée par quelques tyrans locaux. La restauration de l'état de droit prendra du temps.

Economiquement et quant aux privations, les derniers mois de la guerre seront extrêmement durs, plus encore que l'occupation, même hors des Ardennes dévastées en décembre par le dernier sursaut de la bête mourante, auquel est lié le nom de von Rundstedt. Mais la Belgique conserve à travers les épreuves de sérieux atouts, parmi lesquels celui d'avoir subi moins de destructions que ses voisins. Si les voies de communication ferroviaires et routières ont été la cible de bombardements intenses, l'infrastructure industrielle est par contre en mesure de redémarrer assez rapidement. En outre, et c'est aussi important, le moral est bon.

Struye, qui fut longuement président du Sénat après la guerre, faisait ressortir au début de l'occupation l'image d'une opinion publique belge ni très ferme, ni très confiante dans ses destinées. Constat oublié quand, dans l'euphorie de la Libération, le même observateur affirme que «jamais notre peuple n'avait désespéré de son avenir» ! Malgré les haines fratricides et les instincts de cruauté déchaînés entre patriotes et «collabos», notre analyste assure, dans son rapport du 1er septembre 1944, que le sentiment national est plus vif que jamais: «Les querelles entre Flamands et Wallons, les luttes politiques d'avant 1940 apparaissent, avec le recul du temps, mesquines et médiocres. La solidarité de toutes les classes sociales dans la résistance à l'occupant s'est attestée par la cruelle répression qui a fait des martyrs à tous les échelons de la société» .

Des signes vont bien en ce sens. Dans les journaux du 6 septembre paraît une proclamation commune des partis catholique, libéral et socialiste, affirmant leur «volonté de maintenir les institutions qui s'imposent» et leur «confiance au sentiment du devoir et à l'esprit civique du peuple belge» . Ceux qu'on appelle aujourd'hui les partenaires sociaux semblent animés d'aussi bonnes dispositions: le 16 septembre, une conférence nationale du travail met en chantier un pacte de solidarité nationale.

Ainsi, tout le monde paraît bien résolu à repartir d'un bon pied.

Jusqu'au moment où on parlera... du Roi.

Le déclin de la combativité dans la plupart des rangs ennemis contribue aussi à une progression rapide. Les dernières poches seront réduites avec l'aide de la résistance intérieure qui libérera Charleroi et empêchera astucieusement la destruction de la Métropole.

Non sans agitations et affrontements dans les états-majors, le travail a été dûment réparti. Entre la côte et Ypres pénètrent la 4e division blindée canadienne et la 1re blindée polonaise (à laquelle la tour Stanislas, à Tielt, rend hommage). Entre la Lys et l'axe Ath-Hasselt s'avancent la 7e division blindée (vers Gand) et la 11e (vers Anvers, objectif prioritaire) ainsi que celle des Guards (vers Bruxelles). Ces forces relèvent respectivement de la IIe Armée canadienne et de la IIe Armée britannique, commandées par le maréchal Montgomery. Sur Ath-Wavre-Maastricht, Mons-Charleroi-Namur-Liège et les deux Luxembourg déboulent les XIXe, VIIe et Ve corps, de la Ire Armée américaine de Courtney Hodges, supplanté toutefois par Montgomery. Chaque corps dispose d'une division blindée en tête et de groupes blindés de reconnaissance.

Dans cet effort commun, les quelque 2200 Belges de la brigade Piron, liés au 12e corps britannique, ne font pas que de la figuration. Arrivés à Courseulles (Arromanches) au début du mois d'août, ils ont libéré la Côte fleurie normande de l'Orne à la Seine avant le retour au pays. Passant à Rongy le 3 septembre dans l'après-midi, ils s'arrêtent pour la nuit à Enghien. Le 4, ils sont rasés de près pour faire leur entrée à Bruxelles, déjà atteinte la veille par des troupes de reconnaissance. La fraternité des armes ne dispensant pas des savants équilibres pour ménager les susceptibilités, les Guards précèdent le Groupement belge, mais deux pelotons belges l'accompagnent.

L'ENTERREMENT DE HITLER

C'est lundi, mais presque personne ne travaillera dans la capitale où prennent fin près de 1600 jours de servitude. La vie va changer. Dans le quartier du Vieux Marché, un cortège parodie un enterrement de Hitler avec des musiciens jouant des marches funèbres et, dans le cercueil ouvert, une vedette du folklore local, ornée de la moustache et de la mèche évocatrices, qui se relève et vocifère en se faisant arroser d'injures et de détritus. On reçoit clairement les émissions de la BBC, mais l'Institut national de radiodiffusion (INR) est toujours muet. Les résistants ont cependant empêché de justesse les Allemands de bouter le feu au bâtiment de la place Flagey. Des combats sporadiques ont encore lieu, notamment dans le parc du Cinquantenaire, contre quelques derniers carrés. «La Libre Belgique» reparaît le mercredi suivant en remerciant... «Le Soir» qui a, dans un «geste d'entraide confraternelle» , mit son imprimerie à la disposition de notre journal dont les locaux avaient été occupés et pillés par les «Boches». La coupole du Palais de justice, où les Allemands ont fait brûler des archives et sauter des munitions, va brûler pendant plusieurs jours. Comme tout le monde manque de tout, les biens délaissés par l'occupant sont passés au peigne fin. «L'ancien hôpital Saint-Jean est vide et la population l'a mis au pillage, raconte Robert Verhelpen, d'Etterbeek. Tout ce que les Allemands ont laissé ou n'ont pas pu emporter est pillé. Il ne reste que trois Allemands dans la caserne et ils laissent faire. Les gens ramènent des sacs de charbon, des gamelles, des pelles et des pioches, des masques à gaz, des jumelles, certains arrivent déjà avec des charrettes (...) Nous apprenons, par la suite, que les casernes, les hôpitaux et la gare de Tours et Taxis ainsi que tous les hôtels et restaurants occupés par les Allemands ont été pillés» .

L'optimisme règne et même déborde. Dans la liesse, la population oublie le rationnement et consomme ses provisions, croyant que le temps des épreuves a touché à sa fin. Grave erreur! Les autorités alliées devront faire sillonner les rues par une voiture à haut-parleur pour arrêter la propagation d'une rumeur affirmant que l'Allemagne a capitulé.

On en est encore loin... Et les SS, dans leur retraite, sont bien décidés à gâcher la fête. Parfois par représailles après des actions résistantes, parfois sans autre raison que le dépit, des civils sont massacrés à Wauthier-Braine, à Verviers, à Sovet, à Hechtel, à Marcourt... A Liège, le 7, des chars téléguidés Goliath bourrés d'explosifs, lancés pour faire sauter les carrefours et gêner le passage des Américains, font des dizaines de victimes.

Plus redoutables encore que ces horreurs d'arrière-garde sont les règlements de compte entre compatriotes, même s'ils n'atteignent pas l'ampleur qu'on leur connaît en France. Il est de bon ton de se donner des apparences de maquisard en portant son fusil de chasse en bandoulière ou en faisant passer ses chaussettes au-dessus du bas de son pantalon. Mais ces combattants de la onzième heure ne risquent guère d'entraver la justice sommaire administrée par quelques tyrans locaux. La restauration de l'état de droit prendra du temps.

Economiquement et quant aux privations, les derniers mois de la guerre seront extrêmement durs, plus encore que l'occupation, même hors des Ardennes dévastées en décembre par le dernier sursaut de la bête mourante, auquel est lié le nom de von Rundstedt. Mais la Belgique conserve à travers les épreuves de sérieux atouts, parmi lesquels celui d'avoir subi moins de destructions que ses voisins. Si les voies de communication ferroviaires et routières ont été la cible de bombardements intenses, l'infrastructure industrielle est par contre en mesure de redémarrer assez rapidement. En outre, et c'est aussi important, le moral est bon.

Struye, qui fut longuement président du Sénat après la guerre, faisait ressortir au début de l'occupation l'image d'une opinion publique belge ni très ferme, ni très confiante dans ses destinées. Constat oublié quand, dans l'euphorie de la Libération, le même observateur affirme que «jamais notre peuple n'avait désespéré de son avenir» ! Malgré les haines fratricides et les instincts de cruauté déchaînés entre patriotes et «collabos», notre analyste assure, dans son rapport du 1er septembre 1944, que le sentiment national est plus vif que jamais: «Les querelles entre Flamands et Wallons, les luttes politiques d'avant 1940 apparaissent, avec le recul du temps, mesquines et médiocres. La solidarité de toutes les classes sociales dans la résistance à l'occupant s'est attestée par la cruelle répression qui a fait des martyrs à tous les échelons de la société» .

Des signes vont bien en ce sens. Dans les journaux du 6 septembre paraît une proclamation commune des partis catholique, libéral et socialiste, affirmant leur «volonté de maintenir les institutions qui s'imposent» et leur «confiance au sentiment du devoir et à l'esprit civique du peuple belge» . Ceux qu'on appelle aujourd'hui les partenaires sociaux semblent animés d'aussi bonnes dispositions: le 16 septembre, une conférence nationale du travail met en chantier un pacte de solidarité nationale.

Ainsi, tout le monde paraît bien résolu à repartir d'un bon pied.

Jusqu'au moment où on parlera... du Roi.

© La Libre Belgique 2004