Belgique

Pour sa conférence de presse de rentrée, hier, l’Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique (Ufapec) a épinglé plusieurs dossiers "particulièrement importants".

Parmi ceux-ci, le très médiatique et médiatisé décret inscriptions. Très attentive au sort des familles concernées, l’Ufapec s’inquiète : "Si la Ciri prendra encore quelques mesures d’ici le 1er septembre, ce seront certainement à cette date plus de 200 élèves qui seront sans inscription. Beaucoup trop !". Elle poursuit : "Trop d’enfants, trop de familles ont commencé la période des vacances scolaires dans l’incertitude de l’avenir". Voilà pourquoi l’Ufapec souhaite que "toutes les familles voient confirmée l’inscription de leurs enfants avant le break de l’été", vers le 15 juillet.

Dans l’attente de l’évaluation du décret - reportée d’un ou deux ans - par la Commission de pilotage de l’enseignement, l’Ufapec liste, une nouvelle fois, ses requêtes : revoir la méthode de géolocalisation, évaluer les critères de proximité géographique en lien avec l’objectif de mixité sociale, adapter l’offre aux spécificités régionales, etc.

Néanmoins, tempère son secrétaire général Bernard Hubien, "il ne faut pas cibler toute l’action publique sur la gestion des inscriptions. Celle-ci a monopolisé trop d’attention et masque d’autres débats, parfois plus fondamentaux". Pour l’Ufapec, il importe de recentrer le débat : "C’est la qualité générale de l’enseignement qui doit être stimulée, de manière à effectivement lutter contre l’échec scolaire."

Endiguer l’échec scolaire Selon les indicateurs de l’enseignement, 70 % des élèves recommencent au moins une année pendant leur scolarité. Chaque année, quelque 60 000 élèves doublent dans le fondamental ou en secondaire ! Soucieux d’aider leur progéniture à progresser et à réussir au mieux leur scolarité, nombre de parents n’hésitent pas à se tourner vers d’autres ressources : achat de matériel didactique, de livres d’exercices mais, surtout, recourent de plus en plus à du soutien scolaire extérieur, souvent onéreux et, partant, peu accessible à toutes les bourses.

L’Ufapec reconnaît qu’une aide extérieure ponctuelle peut être pertinente mais insiste pour que cela reste "l’exception". Elle rappelle toute l’importance des remédiations internes à l’école afin que cette dernière soit vraiment "gratuite" et ne crée pas d’inégalités entre les familles.

Autre préoccupation de l’Ufapec, l’offre d’enseignement fondamental. On l’a déjà écrit, 18 000 places devront être créées à Bruxelles d’ici 2020. Or, "la part de financement des dépenses d’investissement par rapport à l’ensemble des dépenses liées à l’enseignement est particulièrement faible en Belgique (4,1 %), pointe l’Ufapec, ce qui nous situe dans le tiercé de queue européen, la moyenne européenne étant de 8,9 %". Certes, Jean-Marc Nollet (Ecolo) a dégagé 100 millions d’euros, dont 58 % seront alloués à Bruxelles (au lieu de 22 % selon la clé de répartition traditionnelle), pour concrétiser la création de 13 300 places. Mais, alerte l’Ufapec, "ce ne sera pas suffisant". De surcroît, "le gouvernement travaille avec un budget à enveloppe fermée, ce montant sera prélevé au détriment d’un autre. Lequel ?"