Belgique

Sous un vrai soleil d’hiver, lumineux mais à la peine face au vent glacé, entre 10 000 (selon la police) et près de 15 000 personnes (selon les organisateurs) se sont réunies à Bruxelles pour marcher dans le quartier du Parc Maximilien, dans le cadre de la manifestation “Human Wave for solidarity and humanity”. Le message, lancé par la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, autour de laquelle se sont rassemblés les manifestants, était de lancer un plaidoyer en faveur d’une politique d’asile plus humaine.

L’objectif de la marche était en effet multiple. Rappeler d’abord au politique que si un camp de réfugiés, semblable à celui de Calais, n’a pas vu le jour à Bruxelles, c’est essentiellement, selon la Plateforme, grâce à l’important et persévérant travail de centaines de bénévoles. Pour rappel, en 2017, la Plateforme citoyenne a coordonné l’équivalent de 50 000 nuitées pour des migrants hébergés chez des citoyens. Dès lors, de nombreux slogans ce dimanche, étaient criés à l’encontre du projet de loi autorisant les visites domiciliaires visant l’arrestation, en vue d’expulsion, d’étrangers en séjour illégal en Belgique. “Mais par cette marche, nous souhaitions également rappeler et proposer des solutions concrètes telles que la mise en place d’un centre d’accueil et d’orientation pour les migrants”, rappelait ce dimanche Mehdi Kassou, le porte-parole de la Plateforme citoyenne, enchanté du succès de la marche.

Citoyenne et politique

Bien en vue grâce à des autocollants, des dizaines de bénévoles qui accueillent, conduisent, aident ou soutiennent des migrants, se retrouvaient dans le cortège. Ensemble, ils échangeaient, s’épaulaient et évoquaient leurs expériences. “C’est difficile certains jours de tenir le coup, car on prend beaucoup sur nous, notre temps et notre confort. En plus, on a l’impression que le politique nous snobe. Mais se retrouver aussi nombreux nous encourage beaucoup, tout comme ce que l’on vit par la rencontre avec ces personnes que l’on héberge”, sourit Philippe.

Avant tout citoyenne, la marche était aussi politique de par la présence des partis de l’opposition (Ecolo, PS, PTB…), mais aussi de par les nombreux slogans tournés à l’encontre du Premier ministre Charles Michel (MR), et du secrétaire d’État à la Migration, le N-VA Theo Francken.