Belgique

Fin de la saga «Gaia», du nom de cette asbl qui, avec l'association «Animaux en péril», avait entrepris des démarches judiciaires contre des marchands et transporteurs de bétail violents avec leur cheptel. La 6e chambre de la cour d'appel de Liège a en effet rendu son arrêt vendredi: les sept inculpés, filmés à leur insu au marché de bestiaux de Ciney au mois de novembre 1999 alors qu'ils frappaient des vaches avec une ardeur insoutenable, sont condamnés.

Coups de bâton à la tête ou sur le dos (72 en 2 minutes pour un seul quadrupède), coups de pied dans le pis d'une vache incapable d'avancer, décharges électriques, animaux jetés au sol, blessés, etc., tout cela conduit deux des inculpés à une amende simple (mais quand même de 991 euros), trois autres à 2 mois de prison ferme avec amende de 2478 ou 3718 euros, selon, un autre encore à 3 mois fermes et à une amende de 4957 euros (soit le maximum prévu par la loi) et, enfin, pour le plus jeune et l'un des plus violents, à trois mois avec sursis et une amende de 4957 euros.

Seule déception pour les plaignants: leur constitution de partie civile a été jugée irrecevable, la cour ne détectant pas leur intérêt direct en l'affaire.

Pour causer la souffrance

Mais le reste de l'arrêt constitue une victoire incontestable pour ces défenseurs des animaux, car c'est sur la base de leur dénonciation - six minutes d'images filmées finalement admises comme preuves -, que les condamnations sont tombées (lire aussi ci-contre). Et si les marchands et transporteurs avaient essayé de démontrer que leurs méthodes n'étaient pas hors normes, dans le métier, leurs défenseurs plaidant l'acquittement pur et simple, la cour ne les a donc pas du tout suivis, estimant que des coups avaient en réalité été distribués en grand nombre pour causer des souffrances aux bovins.

Les deux organisations de défense des droits des animaux ont réagi avec d'autant plus de satisfaction qu'un jugement de première instance avait retenu que les images constituaient une violation de la vie privée des inculpés et avait en conséquence acquitté ceux-ci, le 14 janvier 2002.

Or la cour d'appel avait au contraire déjà accepté les mêmes images, dans un arrêt intermédiaire, constatant qu'elles n'étaient ni manipulées, ni obtenues illégalement et qu'elles reflétaient la réalité.

«C'est un signal fort qui montre que les mauvais traitements à l'égard des animaux et la loi sur le bien-être des animaux doivent être pris au sérieux», a ainsi déclaré Michel Vandenbosch, président de Gaia, à l'agence Belga. Un président dont le combat n'a pas toujours été aisé: en septembre 1998, trois personnes qui l'avaient sauvagement agressé après qu'il eut dénoncé les conditions de vie du cheptel bovin à l'abattoir d'Anderlecht avaient elles-mêmes été condamnées...

© La Libre Belgique 2004