Belgique

Si l’on veut comprendre le dossier BHV, l’on doit immanquablement faire un lien avec la frontière linguistique.

Composée surtout de néerlandophones et de francophones, la Belgique est partagée par une ligne imaginaire depuis la période romaine qui a vu les populations de culture germanique s’installer au Nord alors que celles de culture franque l’ont fait dans le Sud.

Il a fallu attendre 1878 pour que le législateur admette ce fait dans la Belgique contemporaine : jusque-là, soit cinquante ans après l’indépendance, le français était la seule langue officielle en Belgique.

La frontière linguistique ne sera toutefois reconnue que par les lois de 1921 et de 1932, le néerlandais s’imposant au Nord, le français au Sud. Mais le principe de l’unilinguisme territorial aurait pu être contourné si les Wallons avaient fait montre d’ouverture et permis un bilinguisme généralisé des services.

Bruxelles de son côté allait être considérée comme une agglomération bilingue . Ce n’est toutefois qu’au cours des deux derniers siècles qu’elle s’est francisée alors qu’on y pratiquait les dialectes brabançons, dont le flamand.

La fixation d’un cadre clivant le Nord et le Sud sur le plan linguistique n’empêcha toutefois pas, dès les années trente mais encore pendant les années soixante, l’octroi de facilités là où il y avait des minorités importantes de l’autre langue. Car la frontière continuait à fluctuer et ce fut le mérite du recensement décennal de sonder aussi l’évolution linguistique.

Sous la pression des nationalistes flamands, il fut décidé de ne plus tenir compte de son volet linguistique pour Bruxelles et ses environs de plus en plus bilingues.

BHV fut une manière de reconnaître ce phénomène : à côté de l’octroi de facilités à six communes, les habitants pouvaient faire élire des candidats bruxellois.