Belgique

La ministre bruxelloise de l'Environnement Evelyne Huytebroeck, a demandé jeudi la suspension de la modification des routes aériennes entrée en vigueur au début du mois de février. Dans le cas contraire, elle envisage une action en cessation environnementale devant le tribunal de première instance, a-t-elle indiqué, au cours d'une conférence de presse.

Se disant saisie de nombreuses plaintes d'habitants de la capitale, la ministre a voulu en avoir le coeur net. Elle a sollicité et obtenu les premiers tracés radars depuis la modification des routes aériennes au départ de l'aéroport national. Etablis durant la première semaine du mois de février, ils révèlent ce que beaucoup redoutaient: les avions survolent la quasi totalité de la population bruxelloise, ce qui n'était pas le cas au cours de la même période de l'an dernier. Mme Huytebroeck a ajouté que la situation observée n'était nullement conforme à ce qui est annoncé par le secrétaire d'Etat fédéral à la Mobilité, Melchior Wathelet lequel affirme, d'après elle, que le nombre de Bruxellois survolés va diminuer de 465.000 à 65.000.

Pour la ministre écologiste, "il n'y a pas trente six solutions". Il faut avoir le courage politique de supprimer à terme les vols de nuit et redéfinir le type d'aéroport que l'on souhaite, à moins de deux kilomètres de la capitale, dans l'intérêt des riverains de toutes les régions concernées, estime-t-elle.

Image I : le survol de Bruxelles du 6 au 14 février 2013, avant le nouveau plan de survol de la capitale

Image II : le survol de Bruxelles du 6 au 14 février 2014, après la mise en œuvre des nouvelles procédures de décollage

Le cabinet Wathelet répond

A la discussion objective avec le secrétaire d'Etat Melchior Wathelet, en charge du dossier des nuisances des avions, la ministre bruxelloise Ecolo Evelyne Huytebroeck préfère "la campagne" électorale, a affirmé jeudi soir la porte-parole du secrétaire d'Etat fédéral à la Mobilité, Melchior Wathelet. Selon celle-ci, la carte exhibée par Mme Huytebroeck pour illustrer le survol de la capitale ne représente pas le tracé des routes suivies par les avions, mais celui, beaucoup plus diffus, de l'impact sonore des routes aériennes empruntées au départ de l'aéroport national. Une réunion entre Melchior Wathelet, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort et la ministre Huytebroeck est prévue le 12 mars. Le tracé des routes relevé par Belgocontrol fait apparaître des zones de survol plus réduites que sur le document livré à la presse par la ministre bruxelloise, a par ailleurs précisé la porte-parole de Melchior Wathelet, laquelle a posté sur Twitter, l'image de ces tracés produite par l'opérateur public en charge de la sécurité du trafic aérien.

Pour le surplus, le cabinet du secrétaire d'Etat a répété que Melchior Wathelet ne faisait qu'appliquer "strictement" les accords du gouvernement fédéral remontant à 2008 et à 2010.

De plus, lorsque certaines mesures sont remises en cause pour des raisons de sécurité -ndlr: ce qui a notamment été nécessaire pour le dédoublement envisagé du seuil à partir duquel les avions peuvent virer à gauche au décollage-, elles sont adaptées mais en connaissance de cause par l'ensemble des composantes et en veillant au respect strict de l'esprit des accords, a ajouté la porte-parole du secrétaire d'Etat.

"Dans le domaine de l'énergie, nous sommes très fiers du plan Wathelet car c'est bien notre équipe qui l'a mis au point, mais il n'existe pas de plan Wathelet dans le dossier des avions. Ce n'est que le plan Schouppe (ndlr: le prédécesseur de Melchior Wathelet) que nous exécutons maintenant", a enfin souligné la porte-parole de Melchior Wathelet.