Belgique

Le moratoire sur les mesures du plan dit "Wathelet" qui entre en vigeur jeudi ne suffit pas. S'il est indéniable que la fin de l'utilisation du virage à gauche large au-dessus d'Etterbeek soulage une grande partie des Bruxellois, il réactive des routes engendrant le survol de nombreux autres habitants de la capitale, a affirmé mercredi la ministre bruxelloise de l'Environnement, Céline Fremault.

Celle-ci a plaidé pour un nouveau plan qui "réduise les nuisances sonores et améliore la qualité de vie de l'ensemble des Bruxellois". Pour objectiver la gêne occasionnée par les nouvelles routes du 2 avril, la ministre bruxelloise a décidé d'installer quatre nouveaux sonomètres mobiles. Le réseau de sonomètres compte, selon elle, à présent 15 stations de mesures de bruit sur l'ensemble du territoire de la Région.

A la suite d'une rencontre avec l'ensemble des bourgmestres bruxellois, il a été décidé de placer les nouveaux sonomètres à Molenbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Evere et Forest (à la lisière de Saint-Gilles et de Uccle).

Le sonomètre de Molenbeek, le premier pour cette commune largement survolée, couvre la route du canal. Celui de Woluwe-Saint-Pierre mesurera le bruit en lien avec les routes du virage serré à gauche qui est à nouveau d'actualité. Le troisième sonomètre est installé à Evere le long du canal pour renforcer le maillage du Nord-Est de Bruxelles. Le dernier sonomètre, quant à lui, sera installé d'ici peu à Forest près de l'altitude 100. Il permettra d'objectiver les nuisances sonores sur les communes de Forest, Saint-Gilles et Uccle qui n'en avaient pas les moyens jusqu'à présent.

Au-delà de la mise en place de cet arsenal de mesures, Céline Fremault a rappelé qu'il est important, à ses yeux, de travailler sur des solutions structurelles (mise en place d'une autorité indépendante de contrôle, allongement de la nuit de 22h à 7h, survol des zones les moins densément peuplées, ...).

"L'urgence est d'autant plus grande qu'un règlement européen encadrant les restrictions d'exploitation liées au bruit dans les aéroports, qui entrera en vigueur en juin 2016, rendra beaucoup plus difficile la mise en œuvre de la solution structurelle recherchée", a conclu la ministre Fremault.


Le moratoire doit être le prélude à un dialogue serein, juge Ecolo

Ecolo a salué mercredi l'entrée en vigueur du moratoire sur le plan "Wathelet" au-dessus de Bruxelles, "conséquence directe de l'action en cessation environnementale lancée par la ministre de l'Environnement Evelyne Huytebroeck en mai 2014 auprès du tribunal de première instance de Bruxelles". Mais pour les Verts, cette situation doit être le point de départ d'un dialogue serein, pour oeuvrer à une solution définitive. Pour les députés écologistes Arnaud Pinxteren et Evelyne Huytebroeck, deux éléments doivent être réunis pour œuvrer à une solution définitive: une objectivation et des solutions structurelles.

Les responsables fédéraux doivent ainsi objectiver les risques liés au survol des zones fortement habitées. Les nuisances, tant sonores que de santé, doivent faire l'objet d'études objectives. Une procédure d'évaluation de toute nouvelle route était prévue dans l'accord de 2008, elle doit être appliquée, ce qui ne fut pas le cas pour le plan Wathelet en 2014.

En ce qui concerne les solutions structurelles, plusieurs leviers doivent être étudiés: une large réflexion sur l'avenir de l'aéroport; une restriction de l'exploitation de l'aéroport qui ne peut être un sujet tabou, ainsi qu'une décentralisation de ses activités.

La mise en service de nouvelles routes, qui devront être évaluées selon les critères de risques et de nuisances, et étudiées en concertation avec les pilotes; le respect de la nuit européenne, de 22 heures à 7 heures; une suppression complète des activités nocturnes; et un éventuel allongement voire déplacement des pistes actuelles sont autant d'hypothèses à envisager, estiment les Verts.

Pour Evelyne Huytebroeck et Arnaud Pinxteren, "ce dossier qui, malheureusement, fait l'objet depuis de trop nombreuses années de surenchères tant communautaires que politiques, et le plus souvent à la veille d'élections, doit être considéré avec tous les acteurs concernés sur la base de principes clairs: le moins de nuisances possible pour le moins de citoyens possible tant sur le plan environnemental, de santé, de sécurité que de qualité de vie".