Belgique L’université minimise les nuisances sonores de l’aéroport aux dépens de Bruxelles, estime Cœur Europe.

La très respectée Katholieke Universiteit Leuven fait-elle le jeu de la Flandre dans le dossier du survol de Bruxelles ? C’est l’intime conviction de l’association Cœur Europe, qui milite depuis des mois pour limiter les nuisances sonores occasionnées par l’aéroport de Zaventem. Cette conviction est née à la lecture du dernier rapport "contours de bruit" fourni par la KUL. Ces calculs sont effectués par le laboratoire d’acoustique de l’université louvaniste et sont ensuite comparés aux mesures effectuées par sonomètres aux alentours de l’aéroport. Objectif : montrer la situation sonore autour de Brussels Airport, conformément à la législation flamande et au permis d’environnement de l’aéroport. La KUL précise que ce sont ses simulations et non les mesures sonomètres qui sont officiellement utilisées.

"Ces simulations ne correspondent à aucune réalité, elles permettent juste à l’aéroport d’affirmer que d’année en année, de moins en moins de personnes sont impactées par le bruit", glisse une source proche du dossier survol. Cœur Europe va plus loin. "La comparaison entre la réalité et les résultats du simulateur est flagrante, indique Jean-Noël Lebrun, animateur de l’association. Le simulateur minimise systématiquement les niveaux sonores des principales routes aériennes qui passent au-dessus de Bruxelles, alors que le simulateur indique des niveaux sonores généralement supérieurs aux données des sonomètres pour les communes flamandes." Ainsi, les différences constatées entre les points de mesures bruxellois et les points de mesures flamands ne seraient "en rien dues au hasard", selon Jean-Noël Lebrun, qui parle de "manipulation concertée". Les explications données par la KUL à ces différences ne sont pas convaincantes à ses yeux.

Des coïncidences, selon la KUL

Cœur Europe ajoute que l’université pèche également dans le calcul du nombre d’habitants impactés. Ainsi, pour un certain niveau de bruit, la KUL oublierait plus de 20 000 Bruxellois qui seraient pourtant directement victimes de nuisances sonores. "Cette méthode est établie au niveau international depuis des années", réplique Christ Glorieux, professeur à la KUL. Il ajoute que la gêne occasionnée par le survol est subjective et donc particulièrement difficile à évaluer.

Pour ce qui concerne les différences constatées entre Bruxelles et la Flandre, la KUL évoque des "coïncidences" alors que les gaps "ne dépassent en général pas les 2 décibels", et se situent dans une marge d’erreur, satisfaisant les scientifiques du labo d’acoustique flamand. Cœur Europe s’inquiète toutefois de "l’absence de fiabilité et d’impartialité" dans ces données, alors que la Flandre doit "revoir son plan quinquennal pour l’aéroport de Zaventem".