Tensions entre PS et cdH au parlement
"Je suis effaré, consterné. On n'a pas entendu le cdH en Commission et aujourd'hui il se permet une attitude agressive vis-à-vis du PS, cela parce qu'il n'a pas le courage d'assumer sa véritable position", a réagi Christophe Lacroix (PS).
- Publié le 19-06-2013 à 20h29
- Mis à jour le 21-06-2013 à 14h24

La séance plénière de laChambre mercredi a permis d'observer les tensions de plus en plus marquéesentre les partenaires PS et cdH. Le retrait d'une résolution sur la spéculationdes denrées alimentaires et une proposition de loi sur les biocarburants ontmis le feu aux poudres.
Le PS avait montré son courroux la semaine dernièreaprès que sa résolution visant à lutter contre la spéculation des denréesalimentaires avait été "vidée de son contenu", des amendementsCD&V cosignés par les libéraux, la N-VA et le cdH apportant une nuanceentre spéculation habituelle et "abusive", sous la pression debanques et de l'agroalimentaire.Les socialistes et lesécologistes, qui avaient cosigné le texte initial, avaient dès lors retiré leursignature du texte.
Celui-ci était à l'ordre dujour de la séance plénière mercredi mais il a été évacué à la dernière minute.
Pour le PS, le cdH n'a pas oséassumer une position amenée par les partis de droite et combattue par les ONGdont le CNCD. "Assumez vos actes", a lancé Christophe Lacroix (PS),lors d'un échange particulièrement vif conclu par le président de la ChambreAndré Flahaut non sans avoir brisé son maillet.
Peu avant cet échange, le cdHavait envoyé un communiqué regrettant qu'"en retirant sa signature sur sapropre proposition de résolution, le PS a privé la Chambre d'un débatimportant, comme le soulignait encore récemment le CNCD (Centre national decoopération au développement)". Les centristes s'y réjouissaient égalementd'avoir pu recadrer la résolution conformément à l'accord de "gouvernementDi Rupo Ier".
"Je suis effaré,consterné. On n'a pas entendu le cdH en Commission et aujourd'hui il se permetune attitude agressive vis-à-vis du PS, cela parce qu'il n'a pas le couraged'assumer sa véritable position", a réagi Christophe Lacroix.
"Le groupe cdH continueraà soutenir ces objectifs, en droite ligne de l'accord de gouvernement Di RupoIer et déposera son propre texte", a annoncé Catherine Fonck, regrettantque "le débat idéologique ait pris le pas sur le débat de fond et quecertains préfèrent jouer sur les mots plutôt que d'agir pour enrayer laspéculation sur les denrées alimentaires".
"S'ils déposent un texte,qu'ils reprennent les recommandations des ONG et des personnes auditionnéescomme Olivier De Schutter, comme l'avait fait le PS. Cet enjeu est celui de lafaim dans le monde mais également des gens modestes chez nous que Mme Fonck neconnaît sans doute pas", a encore dit Christophe Lacroix.
Commentant la joute entre PS etcdH sur la résolution relative à la spéculation, Georges Gilikinet a évoqué un"manque de conséquence politique" qu'il a jugé "incroyable etscandaleux".
La résolution visait notammentà donner un mandat au ministre des Finances pour le prochain Conseil desministres européens.
Peu avant, la tension étaitdéjà palpable entre les deux groupes alors qu'Isabelle Emery n'avait pas cachéson malaise, appelant à la "vigilance" en matière de biocarburants, àpropos d'une proposition de loi de la majorité qu'elle a cosignée. Portant cetexte, bien qu'il ait été déposé par des parlementaires, le secrétaire d'EtatMelchior Wathelet avait ironisé en indiquant que, vigilant lui aussi, lePremier ministre Elio Di Rupo l'avait approuvé.
