Theo Francken va introduire des cours de respect des femmes pour les migrants

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Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), va introduire des cours sur la manière de se comporter avec les femmes et de les respecter pour les migrants, indiquent jeudi les journaux de Sudpresse et de Mediahuis.

"Nous allons copier le modèle norvégien et introduire ces cours dans les prochaines semaines dans tous nos centres d'accueil", explique le secrétaire d'Etat, qui précise que "cela se fait déjà çà et là".

Theo Francken ajoute qu'il a créé un groupe de travail avec le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, qui débouchera sur de nouvelles mesures concrètes pour faire face aux éventuels incidents dans les centres d'accueil.


"Un racisme à peine déguisé" pour Isabelle Simonis

La ministre des Droits des femmes et de l'Egalité des chances en Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis, a dénoncé jeudi le projet du secrétaire d'Etat fédéral en charge de l'Asile et de la Migration, Theo Francken, d'instaurer un cours de "respect des femmes" à destination des migrants.

Aux yeux de la ministres socialiste, le secrétaire d'Etat N-VA n'avance aucun argument de fond légitimant pareille décision.

"Il se base sur un fait divers survenu en Allemagne pour lequel nous ne disposons d'aucun élément probant: l'identité des auteurs des agressions de Cologne n'est pas encore connue et les seuls éléments dont semblent disposer les enquêteurs à ce stade sont quelques signalements de personnes d'origine magrébine".

"Proposer dès lors une telle mesure aujourd'hui, en Belgique, c'est faire un amalgame entre indications formulées dans une enquête allemande et personnes réfugiées. C'est un timing inapproprié qui camoufle un racisme à peine déguisé", selon la ministre citée dans un communiqué.

Celle-ci rappelle que les discriminations graves envers les femmes sont commises par des individus ou groupes "de toutes les origines sociales, ethniques ou nationales".

"On ne peut, au nom des droits des femmes, créer de nouvelles discriminations", s'insurge la ministre.

Celle-ci dit d'ailleurs vouloir prendre connaissance du contenu du cours annoncé par M. Francken à destination des migrants car "la notion de respect n'équivaut pas à celle d'égalité".

"Respecter", argument la ministre, "renvoie à l'idée de ne pas porter atteinte, avoir de la considération pour des opinions. C'est bien inférieur à la notion d'égalité qui prône l'équivalence des droits et ne souffre d'aucune différence de traitement".