Belgique

Les responsables de la CSC refusent de parler de plan social. Ils ne reconnaissent pas moins être en train de négocier avec les représentants de leur personnel une convention collective qui doit permettre au syndicat chrétien de remettre ses comptes à flot.

Plus de 130 équivalents temps plein

Cela fait déjà un paquet de temps que la négociation entre la direction du syndicat et les délégués du personnel de la CSC est en cours. Les deux parties sont arrivées à la conclusion d’un projet d’accord, qui fait pour l’instant l’objet d’une consultation auprès des affiliés.

Les protagonistes se montrent assez discrets sur le contenu de leur négociation. Mais une chose semble sûre : il n’y aura pas de licenciement sec. "Je peux le garantir", se félicite Patrick Vanden Bossche, permanent syndical CNE. On procédera par non remplacement des travailleurs admis à la pension ou qui auront volontairement choisi de réorienter leur carrière professionnelle. Il y aura aussi quelques départs à la prépension. A terme, la CSC aura réduit son personnel de 130 équivalents temps plein. Ce n’est pas rien. Mais cela reste limité par rapport à un cadre qui, selon des chiffres avancés en 2011 par la CSC elle-même, compte en tout 3 500 personnes.

Ralentissement barémique

Les salaires seront par ailleurs mis - légèrement - à contribution. Ils ne seront pas rabotés. Mais leur progression dans le temps sera quelque peu limitée. Les barèmes liés à l’âge - on parle aujourd’hui pudiquement de barèmes liés à l’expérience - seraient en effet moins généreux qu’ils ne le sont actuellement. Certains avantages extralégaux pourraient aussi passer à la trappe.

"La situation est ce qu’elle est", se désole-t-on dans les rangs de la CSC. C’est-à-dire : plombée. Le début des ennuis remonte à la faillite de Dexia, en 2011. Le holding Arco, que l’on qualifie parfois de "bras financier" du mouvement ouvrier chrétien, est emporté dans la tourmente. Or sa participation dans le capital de la banque (14 %) assurait chaque année des rentrées financières aux organisations du mouvement dont la CSC est l’un des fleurons. Des rentrées qui se sont donc taries du jour au lendemain. Et qu’il faut bien combler.

Le coût du chômage

Ce n’est pas le seul problème auquel le syndicat est confronté. Des pertes financières sont aussi enregistrées du côté de la gestion du chômage.

A côté de leur rôle de défense professionnelle, les syndicats assurent en effet également le paiement des allocations de chômage à leurs affiliés licenciés. Et pour cela, ils reçoivent un montant par dossier traité. Mais les indemnités que l’Office national de l’emploi leur verse pour couvrir les frais de fonctionnement liés à cette activité ont tendance à se raréfier. Les mesures prises par les gouvernements successifs et visant à restreindre l’accès au chômage ont réduit le nombre de bénéficiaires d’une allocation. Il en va de même de l’accès à une prépension que les syndicats gèrent également et qui s’est rétréci au fil des plans d’austérité.

Et puis, il y a les impondérables. Les derniers hivers par exemple ont été plutôt doux. Le recours au chômage temporaire - fréquent dans la construction - a dès lors été moins intense que durant les hivers rudes. Et, par voie de conséquence, le nombre de dossiers traités par les syndicats fut moindre.

Par ailleurs, le gouvernement précédent a gelé le montant de l’indemnité perçue par dossier de chômage traité. Et le gouvernement actuel a maintenu le gel. Cela signifie que les frais de fonctionnement sont moins bien couverts. Et cela pèse sur les finances des syndicats. Manifestement.