Belgique

Pendant des années, on a crié dans le désert. Aujourd’hui on parcourt toute l’Europe pour en parler." Eminence internationale de la violence à l’école, et, plus largement, du "climat scolaire", le professeur Eric Debarbieux avale rapidement son café. En cette fin du mois de mars, il est venu évoquer l’importance de l’ambiance qui règne dans une école lors d’une journée d’études organisée par le Cpeons, l’enseignement des communes et des provinces.

Comme il le rappelle, le climat scolaire est le terme générique utilisé aujourd’hui pour évoquer la qualité de la vie et l’atmosphère quotidienne qui règnent dans un établissement. "Si de plus en plus d’acteurs s’intéressent au climat scolaire, ce n’est pas que l’indiscipline croît dans les écoles , précise-t-il cependant . C’est plutôt que les études ne cessent de confirmer qu’il tient un rôle important dans la réussite des élèves, et dans leur motivation à apprendre. Qu’il favorise de surcroît l’apprentissage coopératif, la cohésion du groupe, le respect et la confiance mutuels."

Un climat qui favorise l’équité sociale

Outre l’amélioration de la confiance entre les acteurs, outre la création d’un cadre propice à la transmission, "la bonne qualité du climat scolaire induit souvent un taux significativement plus bas d’absentéisme et d’exclusions, poursuit Etienne Debarbieux . Mais un bon climat scolaire favorise aussi l’équité. Plusieurs études démontrent que l’atmosphère qui règne dans une école atténuerait l’impact des origines socioéconomiques d’un élève sur sa réussite." Un bon climat augmenterait donc les résultats scolaires d’une classe, indépendamment des origines sociales et économiques des élèves. "Vous voyez que la bonne qualité de vie n’est pas un gadget en plus. Elle est au cœur d’un bon apprentissage", insiste l’expert.