Belgique

Avec l’adoption, lundi, en commission parlementaire (par la majorité PS-CDH, avec abstention MR), du projet de décret élargissant les missions de la Sofico, le programme exceptionnel de rénovation du réseau routier régional wallon prend un peu plus forme.

Inséré dans le plan de relance de l’exécutif régional, ce programme de 1 175 dossiers identifiés pèse 600 millions d’euros sur 3 ans. Annoncé début 2008 par le ministre Michel Daerden (PS), il aura déjà fait couler pas mal de salive avant la première coulée d’asphalte - que ce soit sur la promotion qu’en fait le ministre, le retard pris sous la législature, la mobilisation des moyens dans un contexte budgétaire déstabilisé, ou des interrogations sur ladite Sofico (la Société wallonne de financement complémentaire).

Au moins, résume le ministre, personne ne conteste la nécessité d’améliorer le réseau et d’agir vite. Pour le reste... Programme tardif ? Il a déjà fait son possible pour transférer des moyens d’investissements aux moyens d’entretien. Une débudgétisation de plus ? Impossible de faire ça dans les budgets ordinaires; mais ce sera à hauteur de 400 millions, et "nickel". Passer par la Sofico ? "Il n’y a qu’elle." Les querelles juridiques à son égard ? "Petits ennuis."

Pour rappel ( LLB du 3 mars ), la Commission européenne vient de revenir à la charge : l’organisme comptant des actionnaires privés (SRIW, Dexia, Ethias), il devrait, dit-elle, être mis en concurrence dans les missions qu’il remplit. Daerden rétorque que la Sofico est un opérateur du gouvernement wallon. Il ira le redire aux autorités européennes. Et si celles-ci ne sont pas convaincues, on réorganisera le capital de la Sofico en en retirant les privés.

Au passage, ou au dérapage, le ministre accuse les écologistes d’avoir alerté l’Europe. Et c’est le Daerden pas rigolard qui décoche en séance publique au député Wesphael : "Continue comme ça. C’est à cause d’hommes comme toi qu’un jour on sera emmerdé."