Belgique

Le fonctionnement de la Belgique sera fortement perturbé ce mardi. La CGSP, la centrale des services publics du syndicat socialiste, a appelé ses affiliés à la grève, à l’occasion d’une "journée de réaction" contre la politique menée par le gouvernement Michel. Pour la CGSP, la "suédoise" est en train de mener une opération de démantèlement des services publics (réduction des budgets, manque d’investissements, privatisations, etc.), parallèlement à une politique fiscale catastrophique.

Le privé s’est préparé à la grève

La plupart des travailleurs du secteur privé seront, eux, bien au travail mardi. Avec pour certains des difficultés, voire une impossibilité, de se rendre sur leur lieu de travail. "Comme la grève a été annoncée, ce sont les travailleurs qui doivent s’organiser pour arriver au boulot, précise Ann Therie, juriste d’entreprise chez Manpower. S’ils arrivent en retard, ou n’arrivent même pas du tout, leur employeur n’est pas obligé de payer les heures non prestées. Le principe est le même pour les intérimaires. Dans la pratique, on voit que les gens s’organisent, en faisant du télétravail ou covoiturage par exemple. Ou alors ils prennent un jour de récupération ou de congé."

Cette possibilité de télétravail existe dans de nombreuses entreprises. C’est le cas chez ING notamment. "Les gens vont peut-être juste changer le jour où ils ont l’habitude d’en faire. C’est à voir avec leur manager", nous précise-t-on du côté de la banque. "Je suis un grand adepte du télétravail et des horaires flexibles. Et encore plus les jours de grève, note Michel Croisé, président Benelux de Sodexo. La réunion prévue avec les collègues hollandais qui devaient venir à Bruxelles mardi se fera virtuellement. Des collaborateurs vont peut-être prendre congé mais je trouve inadmissible que certains doivent prendre un jour parce que d’autres font la grève…"

Et pour ceux dont la présence physique est indispensable ? "En général les gens s’arrangent. Les grèves n’ont pas vraiment d’impact sur le fonctionnement de nos magasins", note-t-on chez Delhaize. "Nous poussons très fort le covoiturage, poursuit Michel Croisé. Nous avons du personnel sur plus de 700 sites. Il faut bien que les cuistots soient présents dans le restaurant d’entreprise ou de l’hôpital…." "Nous déployons un dispositif principalement d’information via l’intranet, explique Thomas De Nayer, responsable de la communication aux cliniques universitaires Saint-Luc. Le plus difficile est de pouvoir disposer à l’avance d’informations sûres et validées. Ni la STIB, ni la SNCB ne sont en mesure de le faire. Nous invitons donc le personnel à suivre les médias et à prendre ses dispositions. L’activité n’est pas trop impactée cependant, car la majorité de nos collaborateurs viennent en voiture et des arrangements sont pris entre collègues pour se rendre à l’hôpital."

Pas de front commun

L’action de ce 10 octobre, le syndicat socialiste l’organise seul. Si les syndicats chrétien (CSC) et libéral (CGSLB) partagent les récriminations de la FGTB, ils ont choisi de ne pas se lancer dans une grève pour l’instant et de privilégier la concertation et d’autres modes d’actions. Sur le terrain, certains affiliés de la CSC, aux Tec par exemple, pourraient cependant rejoindre les "rouges". Mais la CGSP ne sera pas seule pour autant. Elle sera suivie par l’ensemble de la FGTB Liège-Huy-Waremme, ainsi que par la centrale des Métallos du Brabant wallon. L’impact de la grève débordera donc des seuls services publics et concernera certaines entreprises du privé.

RAIL

Perturbations sur tout le réseau

A vos smartphones et autres tablettes numériques ! Dès ce lundi 9 octobre à 22 h, la SNCB s’attend à “un trafic ferroviaire national et international fortement perturbé”, communique l’entreprise. Qui n’est toutefois pas en mesure de préciser où seront localisées ces fortes perturbations. “Nous recommandons ainsi aux navetteurs de s’informer avant de se rendre en gare”, insiste son porte-parole, Thierry Ney. Tableaux d’affichage et annonces en gare, le site de la SNCB et son application ou encore ses comptes Twitter et Facebook, etc. Il faudra combiner avec l’information en temps réel pour contourner les grévistes.

De son côté, la CGSP Cheminots, seul signataire du préavis de grève, confirme que les piquets de grève et autres actions de grogne seront bel et bien présents un peu partout sur le réseau ferroviaire. Notons que le ministre Bellot (MR) a appelé la CGSP à garantir la liaison Namur-Bruxelles ce mardi. Le syndicat l’a envoyé paître.

© BELGA

TRAM, BUS ET METRO

Fortes perturbations à prévoir

La STIB s’attend à d’importantes répercussions sur le réseau de transport en commun bruxellois, sans toutefois pouvoir en évaluer l’ampleur. “Des collaborateurs de la STIB, dont des conducteurs et des chauffeurs, soutiennent le mouvement”, précise l’entreprise. Selon elle, la desserte métro du stade Roi Baudouin pour le match Belgique-Chypre programmé mardi soir n’est pas garantie. Côté wallon, le niveau habituel de disponibilité des services dans les cinq Tec n’est évidemment pas garanti.

On peut s’attendre dans les régions de Charleroi et de Liège à des blocages des dépôts de bus, empêchant les chauffeurs non grévistes d’accéder à leur véhicule. Dans les régions plus rurales desservies par des chauffeurs privés, un plus grand nombre de bus devrait être disponible. Voir les détails ici.

POSTE

Journaux distribués et bureaux de poste ouverts

Il faut s’attendre à de grosses perturbations en matière de délivrance du courrier. Non seulement le syndicat socialiste, tant francophone que flamand, a donné un mot d’ordre de grève à ses affiliés mais les syndicats chrétien et libéral couvriront leurs affiliés qui souhaitent observer un arrêt de travail. “L’impact de la grève est très difficile à estimer. Les perturbations seront variables selon les provinces. Les journaux seront toutefois distribués et la plupart des bureaux de poste seront ouverts”, indique la porte-parole de Bpost.

© BELGA

ENSEIGNEMENT

Dans les écoles, les situations seront variables

Il est difficile de pronostiquer quelle sera la situation dans les écoles. “Ce qui est certain, c’est qu’elles tourneront au ralenti, avance Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement. Il y aura moins d’élèves, car beaucoup ne pourront pas prendre les transports en commun. Au niveau des enseignants, on s’attend à de plus nombreux arrêts de travail dans les régions de Liège et de Charleroi, mais aussi dans le réseau officiel où les syndicats socialistes sont davantage implantés.

RTBF

Journaux télévisés et journaux parlés écourtés

Même s’il reste quelques incertitudes concernant la mobilisation du personnel ertébéen, à ce stade, aucun changement de programmes n’est prévu en radio ou en télévision. Il faut dire que ce serait plutôt mal venu car mardi dès 20 h 20, La Une retransmettra le match de “qualification” Belgique-Chypre. En revanche, tout au long de la journée, les journaux parlés et télévisés pourraient être écourtés.

© BELGA

HOPITAUX

Service du dimanche

Le fonctionnement des hôpitaux sera également perturbé par l’action syndicale. Selon la CGSP, un “service du dimanche” sera assuré.

Des négociations entre direction et travailleurs de chaque hôpital se sont déroulées, afin de déterminer le service minimum qui sera assuré. L’impact de la grève sur les soins administrés aux patients pourrait donc varier d’un établissement à un autre.

ADMINISTRATION PUBLIQUE

Sans une part du personnel, l’accès sera perturbé

La grève de mardi touchera également les administrations locales, zones de police et de secours, prisons, et certains organismes d’intérêt public (OIP), à l’appel de la CGSP Admi, ainsi que les administrations régionales, à l’appel de la CGSP Amio. Toutes ces administrations, ainsi que les ministères, seront amputées de tout ou une partie de leur personnel, ce qui perturbera leur fonctionnement et leur accès au public.

ENTREPRISES PRIVEES

Le secteur de la métallurgie à l’arrêt

Une partie du secteur privé sera impactée par la grève. Les métallurgistes FGTB du Brabant wallon et de Bruxelles rejoindront le mouvement, ce qui devrait toucher des entreprises comme Audi Brussels, la Sabca, Schneider Electric, etc. La régionale FGTB Liège-Huy-Waremme a appelé à la grève aussi dans le secteur privé. Un arrêt de travail devrait être observé dans le bassin sidérurgique liégeois, la centrale de Tihange ou Hydrométal.