Belgique

Trois détenus - et non deux comme précédemment annoncé - se sont évadés mardi matin, grâce à des complices armés, du palais de justice de Bruxelles où ils comparaissaient devant une chambre correctionnelle.

Initialement, on pensait qu'un des trois hommes avait été repris mais ce n'est pas le cas. Les trois hommes, qui ont un lourd passé judiciaire, comparaissaient pour un home-jacking commis le 27 novembre 2008 à Londerzeel. Une fois emmenés dans la salle d'audience, les menottes ont été retirées aux trois hommes comme il est d'usage pour une comparution devant un tribunal. Deux hommes armés et masqués ont surgi et ont menacé le personnel de sécurité du palais de justice. Les trois prévenus ont pris la fuite, suivis par les deux hommes masqués.

Les cinq personnes n'ont pas été interceptées. Mardi, en milieu de matinée, les policiers examinaient la salle d'audience afin de chercher des indices qui pourraient servir en cours d'enquête.

Deux d'entre-eux avaient déjà été condamnés

Deux des trois prévenus détenus qui se sont évadés mardi matin du palais de justice de Bruxelles avaient déjà été condamnés par le passé, a-t-on appris au parquet de Bruxelles. Oussama Trimini Langeri (28 ans) avait été condamné en 2005 à quatre ans de prison pour vols avec violences. Youssef Oulad Has Chaib (27 ans) avait été condamné en 2002 à cinq ans de prison pour des faits similaires. Le troisième, Abdelhalim Akil (27 ans) n'aurait pas été condamné par le passé.

Les trois hommes comparaissaient, avec un quatrième prévenu, Hakim Ait Hammouche Taieb, pour un home-jacking commis à Londerzeel le 27 novembre 2008. Ce home-jacking avait été commis avec deux autres auteurs: un mineur qui a déjà comparu devant le juge de la jeunesse et un autre homme qui n'a pas été identifié.

Les quatre détenus avaient été conduits vers 09H30 dans la salle 01.4 du palais de justice où il devaient être jugés devant une chambre correctionnelle francophone. Immédiatement après que les menottes leur ont été retirées - comme c'est d'usage pour une comparution devant le tribunal correctionnel - deux hommes masqués et armés ont fait irruption. Ils ont obligé les personnes présentes à se coucher sur le sol. Oussama Trimini Langeri, Youssef Oulad Has Chaib et Abdelhalim Akil en ont profité pour fuir. Le quatrième prévenu, Hakim Ait Hammouche Taieb, est resté dans la salle.

Les huit agents de sécurité présents dans la salle d'audience n'ont pas pu intervenir. Les trois détenus et les deux hommes masqués ont couru dans les couloirs pour gagner la sortie donnant sur la rue aux Laines où ils auraient pris place dans une Renault Clio sombre. On a perdu leur trace.

Des suspects d'un home-jacking violent

Les trois détenus qui ont pris la fuite, mardi, du Palais de justice de Bruxelles, devaient comparaître pour un violent home-jacking, commis le 27 novembre 2008 à Londerzeel. Deux femmes et un enfant de trois ans et demi avaient été menacés avec des armes de poing et une kalachnikov. Après le home-jacking, les auteurs avaient tiré en direction des agents de police.

De son côté, le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), reconnaît qu'il y a un problème de sécurité au palais de justice de Bruxelles. "Le bâtiment est une icône de la ville de Bruxelles, mais ce n'est pas pour autant la meilleure place pour y tenir des procès à risques", a-t-il dit mardi matin.

Les avocats des fuyards témoins de l'évasion

Deux avocats de détenus étaient présents lors de l'évasion, mardi, de trois prisonniers du palais de justice de Bruxelles. Ils devaient défendre leurs clients devant une chambre correctionnelle pour un home-jacking. L'avocat de la famille qui avait été victime du home-jacking le 27 novembre 2007, se trouvait dans la salle d'audience lorsque les trois détenus ont été libérés par deux hommes masqués et armés.

Me Peter Van Hemelrijck, plaidant pour les victimes, allait commencer son réquisitoire lors qu'il a entendu des bruits de pas à l'arrière de la salle. "Je me suis retourné et j'ai vu deux hommes masqués et armés", a-t-il dit. "Ils ont demandé aux gens de se coucher sur le sol, ce que j'ai fait aussi. Trois des quatre détenus ont pris la fuite. C'est encore une épreuve pour mes clients mais heureusement personne n'a été blessé".

Mes Christine Calewaert et Olivier Martins, qui défendaient deux détenus, étaient également présents mardi matin. Me Calewaert parlait avec son client, Youssef Oulad has Chaib, lorsque les faits se sont produits. "Je lui expliquais qu'une requête pour une libération provisoire serait introduite car l'affaire serait reportée. Je lui disais aussi que j'avais bon espoir que cela serait accepté lorsque deux hommes armés sont entrés et que tout le monde s'est couché", a-t-elle relaté.

"Dans un moment comme celui-là, on ne pense plus qu'à sa propre sécurité", a expliqué Me Martins. "Tout le monde s'est couché. Ce n'est pas très sécurisant pour les avocats de faire leur travail".