Belgique Les alternatives à la voiture de société ne récoltent pas encore beaucoup de succès.

À l’heure où l’on parle de mobilité, "la voiture garde une place de choix dans le cœur des Belges et l’obtention du permis de conduire reste une étape importante à franchir. Même si ce dernier n’est plus une condition requise pour décrocher un poste. Cependant, je constate que la plupart des jeunes candidats qui postulent chez nous ont le permis. Même les purs Bruxellois", note Olivier Dufour, executive director de Page Personnel, filiale du spécialiste en recrutement PageGroup, qui a réalisé l’an dernier une étude sur les trajets domicile-travail. Celle-ci montre notamment que 75 % des Belges utilisent la voiture pour se rendre au travail. "Il convient toutefois de dissocier deux types de localisations et deux types de fonctions. Tout d’abord Bruxelles-Capitale et les grandes agglomérations, et le reste du pays. Dans les grandes villes, il est possible de se déplacer en transport en commun ou en vélo, trottinette, à pied ; ailleurs, les alternatives de mobilité à la voiture sont plus réduites. Il faut aussi dissocier deux types de fonctions. Pour les commerciaux, qui sont amenés à se déplacer, un véhicule est indispensable. Pour les travailleurs qui ont un poste fixe, c’est moins nécessaire. Reste que ces derniers doivent quand même pouvoir se rendre au travail."

Alternatives

Mais même chez ceux qui n’ont pas besoin d’un véhicule pour leur travail, "la voiture reste sacrée, même s’il est parfois douloureux de s’en servir", estime Olivier Dufour . "Dans les offres de nombreux employeurs, un véhicule est inclus."

L’idée d’alternatives fait néanmoins peu à peu son chemin. "Le ‘cash for car’ connaît cependant auprès de nos collaborateurs un succès mitigé. Quand nous l’avons mis en place, seuls trois de nos consultants sur une centaine se sont montrés intéressés, soit moins de 3 %. Mais au fur et à mesure du temps, d’autres sont venus demander des renseignements. Ils se rendent compte maintenant que cette voiture représente un montant important. Auparavant, ceux qui refusaient la voiture n’avaient qu’une compensation ridicule . Un deuxième élément vient changer la donne : le développement des alternatives, comme la location de vélos électriques, les trottinettes électriques, la location de voiture à la minute, les voitures partagées… et ce à côté des transports en commun qui sont loin d’être optimaux ", souligne Olivier Dufour, qui a abandonné la voiture pour la moto il y a six ans. "Les problèmes de mobilité sont atroces, ce qui explique le rejet par certains de la voiture. Et ce, de plus en plus. Il y a un an, aucun de nos consultants ne voulait un vélo, et maintenant ils sont 7 à en utiliser un pour venir au travail. D’autres ont choisi de s’installer près de nos bureaux. Ce qu’ils apprécient aussi, c’est la possibilité d’avoir un budget mobilité : une carte prépayée, une plus petite voiture avec un vélo… Ce qui les attire, c’est la possibilité d’avoir le choix, la liberté."

Attirer les talents

Ces alternatives offertes par les employeurs constituent également une façon d’attirer les bons profils. Un point important en cette période de pénurie de talents. Cela s’explique, notamment, par la lourdeur du trajet domicile-travail. L’étude de PageGroup montre ainsi que 40 % des Belges qui utilisent la voiture arrivent stressés au travail. "Mais la conscience écologique que les jeunes ont reste aussi teintée de l’image qu’ils veulent donner d’eux. Nous avons, par exemple, proposé deux véhicules hybrides à l’essai, en disant à nos consultants que si nous notions un intérêt, nous opterions dans le futur pour ce type de véhicule pour notre flotte. Étonnamment, l’accueil a été mitigé. Nous avons noté, surtout auprès des hommes, un blocage au niveau du modèle. Il est sans doute plus branché d’aller au boulot en vélo électrique ou en véhicule hybride… mais pour autant que la marque soit plutôt d’un certain niveau."