Belgique

Le conseil d'administration de la SNCB a décidé lundi de donner trois mois à AnsaldoBreda, le constructeur italien des trains à grande vitesse Fyra, pour amener les rames au niveau de qualité souhaité, sous peine d'une annulation pure et simple du contrat, a-t-on appris au cours d'une conférence de presse.

"Nous sommes pour le dialogue mais AnsaldoBreda ne nous laisse pas d'autres possibilités que de le mettre en demeure", a résumé Marc Descheemaecker, administrateur délégué de la SNCB, après les déboires à répétition qui ont conduit à la suspension du service de trains Fyra entre Bruxelles et Amsterdam.

En cas d'annulation du contrat, les paiements déjà effectués par la SNCB, et qui s'élèvent à quelque 35 millions d'euros, sont couverts par des garanties bancaires "et pourront donc être totalement récupérés à la première demande de la SNCB", a assuré Marc Descheemaecker.

La SNCB a également décidé de refuser de réceptionner les rames Fyra commandées. L'opérateur ferroviaire devait en effet à l'origine acquérir trois trains à grande vitesse qui n'ont pas encore été livrés, pour 63 millions d'euros, sur un total de 19 rames prévues pour assurer la liaison à grande vitesse entre Bruxelles et Amsterdam. Les autres rames devaient être acquises par les chemins de fer néerlandais (NS), partenaires de la SNCB dans ce dossier.

NS, qui a déjà reçu neuf rames Fyra, avait déjà décidé pour sa part, samedi dernier, de suspendre provisoirement la livraison des sept trains restants. La SNCB compte également demander au constructeur italien des avances sur les indemnisations pour livraison tardive. Selon la SNCB, les nombreux soucis techniques vécus par le Fyra sont attribuables à des problèmes techniques, de communication aux Pays-Bas, de perte de puissance et de traction, à des problèmes de porte... "Nous attendons un rapport technique de nos collègues néerlandais, que l'on va étudier avec eux et des spécialistes d'AnsaldoBreda", a encore précisé M. Descheemaecker, sans préciser la date à laquelle est attendu ce rapport.

Le patron de la SNCB a aussi rappelé que la conclusion du contrat avec le constructeur italien remontait aux années 2003-2004, à une époque où l'on n'avait pas encore connaissance des problèmes techniques de ces trains dans d'autres pays. En attendant une éventuelle reprise du service des Fyra, et afin d'offrir des solutions de rechange aux voyageurs, la SNCB a notamment décidé la mise en place prochaine d'un service de trains directs entre Anvers et Roosendaal. En outre, les trains réguliers jusqu'Essen et Roosendaal sont renforcés et des trains navettes supplémentaires sont prévus, en semaine, entre Essen et Roosendaal. Le week-end, sept trains directs aller-retour sont prévus entre Anvers et Roosendaal.

Après de multiples problèmes techniques ces derniers jours, qualifiés "d'hallucinants" par M. Descheemaecker, le service de train Fyra entre Bruxelles et Amsterdam a été suspendu pour une durée indéterminée.

Moins d'un quart des trains n'avaient pas été en retard la semaine dernière

La ponctualité des trains à grande vitesse Fyra, reliant Bruxelles et Amsterdam, avait atteint la semaine dernière -du 14 au 20 janvier-, avant la suspension de leur service, un niveau dramatique, avec à peine 24% des trains ayant enregistré moins de six minutes de retards, a-t-on appris lundi au cours d'une conférence de presse de la SNCB. "Je suis personnellement très déçu de ce qui s'est passé la semaine dernière avec le Fyra.

D'autant que, tout doucement, le taux de fiabilité s'améliorait. On pouvait espérer une amélioration du service", a déploré lundi l'administrateur délégué de la SNCB, Marc Descheemaecker, soulignant les efforts importants fournis par le personnel technique des chemins de fer néerlandais pour résoudre les problèmes rencontrés.

Ces dernière semaines, la ponctualité des Fyra n'avait en effet quasiment fait que s'améliorer, passant d'un taux de 47,4% de trains (73 trains) avec moins de six minutes de retard durant la semaine du 9 au 16 décembre 2012 à un pourcentage de 73,2% (101 trains) durant la semaine du 7 au 13 janvier 2013. La semaine du 14 au 20 janvier s'est donc avérée catastrophique avec seulement 24% de trains (33 trains) ayant connu moins de six minutes de retard.

Les nombreux problèmes techniques qu'a connus le Fyra la semaine dernière, qualifiés "d'hallucinants" par M. Descheemaecker, ont contraint les chemins de fer néerlandais et belge à suspendre, pour une durée indéterminée, le service des Fyra. La SNCB a par ailleurs annoncé lundi sa décision d'accorder trois mois au constructeur italien AnsaldoBreda pour amener les rames au niveau de qualité souhaité, sous peine d'une annulation du contrat. La SNCB a aussi décidé de ne pas réceptionner les trois rames Fyra qu'elle avait commandées pour un montant de 63 millions d'euros.

Le ministre Labille demande une étude sur les conséquences d'un abandon du Fyra

Le tout nouveau ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, a demandé à la SNCB une étude sur les conséquences juridiques et financières en cas d'abandon du train à grande vitesse Fyra reliant Bruxelles et Amsterdam, a indiqué sa porte-parole lundi. Le successeur de Paul Magnette demande également à la SNCB de garantir le service public et dit rester, dans le cadre de ce dossier, en contact étroit avec son homologue néerlandais.

Le conseil d'administration de la SNCB a décidé lundi de donner trois mois au fabricant italien du Fyra, AnsaldoBreda, pour résoudre les graves problèmes techniques rencontrés par le train à grande vitesse, sous peine d'une annulation du contrat. Le service des Fyra a été suspendu la semaine dernière pour une durée indéterminée.

Le groupe détenteur du constructeur des trains en difficultés financières

Finmeccanica, le groupe qui détient le constructeur de trains italien AnsaldoBreda, est confronté à des difficultés financières, depuis un certain temps déjà. Il aurait déjà cherché à se débarrasser du fabricant de trains à grande vitesse. Finmeccanica n'est pas tout à fait inconnu en Belgique.

Le groupe spécialisé dans la défense compte en effet AgustaWestland dans son portefeuille, le fabricant des hélicoptères Agusta de l'armée belge.

Vendredi dernier, l'agence de notation Standard & Poor's a revu la cote de Finmeccanica de BB+ à BBB-. S&P justifie cette baisse par des doutes croissants autour de la vente prévue de certains actifs.

Le CEO Giuseppi Orsi veut en effet récolter un milliard d'euros avec la vente de certaines activités, notamment dans les secteurs énergétique et ferroviaire.

Après la baisse de sa note, Finmeccanica a expliqué qu'il continuait "à mener le programme de restructuration et à boucler le programme de ventes dans les temps". L'agence Ansa indiquait début janvier que le groupe devait trouver d'ici le 23 de ce mois un acheteur pour Ansaldo Energia, spécialisée dans la construction de centrales énergétiques. La vente devrait rapporter entre 400 et 500 millions d'euros, selon des calculs de S&P.

Quant à AnsaldoBreda, le constructeur des trains Fyra chargés d'assurer la liaison entre Bruxelles et Amsterdam, plusieurs scénarios de reprise avaient déjà été évoqués dans la presse ces dernières années. Alstom, Bombardier et General Electric avaient ainsi manifesté leur intérêt. Il était également question en 2011 d'une coopération avec Construcciones & Auxiliar de Ferrocarriles. L'an dernier, les noms du chinois CSR et du groupe japonais Hitachi étaient cités.