Belgique

Que vous inspire le décès de la princesse Lilian?

J'ai bien connu la princesse puisque j'étais président de sa Fondation cardiologique. J'ai été des dizaines de fois à Argenteuil ces trente dernières années. C'était une grande dame dont l'histoire gardera peut-être une image controversée, mais qui avait une force de caractère, un charme intellectuel... Elle a attiré à Argenteuil la crème du monde médical mondial. Ses colloques étaient peu connus en dehors des cercles médicaux, mais pratiquement personne n'aurait refusé d'y participer. Des prix Nobel, d'éminents spécialistes... Par ailleurs, la princesse n'avait aucune rancoeur à l'égard de la Belgique même si elle considérait que le règne de son mari s'est terminé dans des circonstances particulières. Et elle ne s'occupait pas de politique. Franchement, c'était un personnage étonnant, méconnu, qui vient de disparaître à un âge respectable.

Vous dites que l'histoire retiendra d'elle une image controversée...

On croit qu'elle a été l'animatrice discrète, très mystérieuse, d'une période extraordinaire de notre histoire, entre 1942 et 1960. Je pense personnellement que l'on est trop sévère lorsqu'on lui attribue tout cela. Et le personnage n'a pas été suffisamment connu par après pour redorer son image. Cela dit, c'était un choix délibéré de sa part. Elle voulait rester discrète.

Vous étiez, vous, proche d'elle. Comment cela se fait-il?

Ah, c'est étonnant. On m'avait demandé de devenir président de la fondation de pédiatrie, qui porte le nom de sa fille Marie-Christine, créée grâce aux dons reçus à sa naissance. À la suite des problèmes dans la famille, on a fusionné cette fondation avec celle de cardiologie chère à la princesse Lilian. J'en suis devenu le président. Dans ce cadre-là, j'ai été souvent invité à Argenteuil. Avec discrétion, toujours, et sans que cela ne soit politique. C'était une femme volontariste, une hôtesse formidable, qui avait une connaissance remarquable des gens et des choses. (O.M.)

© La Libre Belgique 2002