Belgique

À partir du 1er septembre, l’Unité anti-braconnage (UAB) de la Région wallonne changera d’autorité hiérarchique. Des agents de ce service dénoncent une "mise sous cloche", une manœuvre visant à mettre le grapin sur un service trop remuant, à limiter l’indépendance d’action de fonctionnaires qui dérangeaient de grands propriétaires terriens possédant des bois et des chasses. Le Ministre wallon de la Nature dément : "cette restructuration ne met pas en cause le travail de l’UAB".

En 2003, sous l’impulsion du ministre José Happart (PS), le gouvernement wallon créait l’« unité anti-braconnage » (UAB) pour améliorer la lutte contre les délinquants qui menacent les espèces animales (braconniers, tendeurs, organisateurs de chasses non réglementaires). Ainsi apparaissait un nouveau type de métier chez les gardes forestiers : des agents spécialisés, au nombre de 16 pour toute la Wallonie s’occupant exclusivement de tâches policières. La qualité du travail qu’ils ont réalisé depuis 15 ans a souvent été louée par les associations environnementales. Un succès, oui mais…Des agents de l’UAB ont perçu assez vite qu’ils dérangeaient, qu’ils étaient « des empêcheurs de tourner en rond » pour reprendre l’expression de l’un d’entre eux.

"C’était donc une très bonne idée que de créer un organe central, totalement indépendant et travaillant en étroite relation avec les autorités judiciaires. Une structure autonome constituée d’agents regroupés en un seul lieu travail, formant un bloc. Un groupe d’agents autonomes ne devant pas négocier chaque intervention avec une autorité administrative peu favorable à notre manière d’agir", confie une source.

Et ce fut là l’exacte préocupation de la première restructuration de l’UAB, pensée en 2007 par le ministre wallon Benoît Lutgen (cdH) : afin d’accroître l’indépendance de cette unité, le bastognard la sortait du DNF pour la placer dans une administration nouvellement créée, le Département de la Police et des Contrôles (DPC).

Dirigé par un directeur issu de la police fédérale, l’UAB commença alors à travailler en parfaite synergie avec la magistrature. Au grand dam d’une partie de certains au DNF qui éprouvaient le ressenti que l’on marchait sur les plates-bandes de leur administration. Voici comment nait un conflit larvé dans un secteur public où les guerres de tranchées durent parfois très longtemps… Pour en revenir, in fine, à la case départ.

En effet, l’actuel ministre wallon de la Nature et de la Forêt, René Collin (cdH) a décidé qu’à partir du 1er septembre, l’UAB reviendra dans le giron du DNF. Des agents de l’UAB vivent cette décision comme une reprise en main de leur travail par une administration qui leur est hostile, comme une volonté de briser leur autonomie d’action.

Découvrez le dossier complet de Paris Match consacré à cette décision qui ne fait pas l'unanimité.