Belgique

Le député Georges Dallemagne (cdH) a réclamé jeudi la réunion en urgence de la commission de suivi de la commission d'enquête sur les attentats terroristes.

La tuerie de Liège pose à ses yeux beaucoup de questions sur la façon dont le tueur, Benjamin Herman, s'est radicalisé et la mise en oeuvre des recommandations de la commission. "On sait maintenant qu'il y a eu des contacts entre Benjamin Herman et des détenus reconnus dangereux pour leur radicalisme. Il y a eu un rapport des gardiens de prison sur la dangerosité de Benjamin Herman. Nous avons adopté plusieurs recommandations sur la question du radicalisme en prison. Il me semble urgent de faire le point sur celles-ci: sont-elles mises en oeuvre? Faut-il les adapter après ce qui s'est passé à Liège?", a souligné le député.

La commission d'enquête avait recommandé la conclusion d'un protocole d'accord entre les services concernés par cette question pour permettre la communication d'informations sur la radicalisation de détenus. Elle demandait également un contrôle accru des individus radicalisés pendant l'exécution de leur peine et après celle-ci. Une stratégie de déradicalisation associant les diverses institutions et entités du pays devait aussi être mise au point.

Le député souhaite que la commission de suivi puisse entendre le ministre de la Justice ainsi que les responsables de la Sûreté de l'Etat et de l'administration pénitentiaire.


La N-VA veut isoler immédiatement chaque détenu radicalisé

La N-VA souhaite que chaque détenu radicalisé soit immédiatement placé en régime d'isolement et fasse l'objet d'un suivi spécifique, a expliqué jeudi Koen Metsu, le président de l'ancienne commission temporaire 'Lutte contre le terrorisme' de la Chambre. "La Sûreté de l'Etat a connaissance de 400 profils à risque dans les prisons", affirme M. Metsu, qui conteste l'approche du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), concernant ces détenus.

"Il veut dans un premier temps les incarcérer dans le régime normal afin d'évaluer ceux qui doivent être mis à part. Je veux que chaque personne avec une pensée terroriste radicale soit d'abord isolée et qu'ensuite on évalue si elle est prête pour le régime habituel", détaille le nationaliste flamand.

Ce dernier affirme par ailleurs ne pas comprendre que la peine maximale pour appartenance à un groupe terroriste ne soit que de cinq ans. "En Belgique, vous pouvez de surcroît être libéré après avoir purgé un tiers de la peine. C'est une période très courte, nous devons l'utiliser au maximum et ensuite continuer à suivre ces personnes", estime-t-il.