Belgique

Le nom de l'ex-gendarme auquel s'intéressent les enquêteurs chargés de faire la lumière sur les Tueries du Brabant, et qui pourrait avoir été le "Géant" de la bande selon plusieurs médias, était déjà apparu dans ce dossier en 1999, écrit Het Nieuwsblad dimanche.

Selon le journal flamand, le nom de l'ancien membre des unités d'élites Groupe Diane est apparu dans l'enquête sur les Tueries du Brabant en 1999, après la diffusion d'une deuxième série d'affiches présentant des portraits-robots des présumés tueurs. Quelque 1.300 informations et signalements étaient alors parvenus aux enquêteurs, dont plusieurs pointaient une ressemblance entre l'image numérotée "19" et C.B., l'ancien gendarme d'Alost. Le fait qu'il était un ancien du Groupe Diane était un autre élément interpellant, qui rendait son profil plausible.

Le journal indique que les enquêteurs se souviennent du nom, peu commun, de C.B., mais que la raison pour laquelle cette potentielle piste n'a pas été poursuivie est un mystère.

"Chaque nom était placé dans une sorte d'ordre, en fonction des éléments qui le rendaient plus ou moins intéressant par rapport à l'enquête. Peut-être qu'il manquait alors d'éléments pour faire de C.B. un suspect potentiel", a appris le Nieuwsblad.

Le ministre Geens rencontre les procureurs généraux

Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), a rencontré dimanche soir en urgence le collège complet des procureurs généraux dans le cadre du dossier des tueries du Brabant, a fait savoir sa porte-parole. Cette réunion intervient après les révélations sur l'identité présumée du "géant" de la bande des tueurs. L'individu, décédé en 2015, serait un ancien gendarme. Il s'agit d'une piste importante, selon les enquêteurs.


Une réunion de la commission de la justice de la Chambre

Le groupe Ecolo-Groen à la Chambre a réclamé dimanche la convocation d'une réunion spéciale de la commission de la justice afin de faire le point sur l'enquête sur les tueries du Brabant avec le ministre de la Justice, Koen Geens, et l'ensemble des responsables judiciaires concernés. "Nous sommes probablement face une découverte majeure dans ce dossier, 32 ans après les dernières attaques commises par les tueurs du Brabant", a affirmé le député fédéral Gilles Vanden Burre (Ecolo) à la lumière des récentes révélations concernant ce dossier et la potentielle identification d'un des membres du commando meurtrier.

"S'il s'avère que l'identification d'un des membre de cette funeste bande est confirmée, il est important que l'enquête s'accélère en vue de répondre aux nombreuses questions restées en suspens. Les familles des 28 victimes des Tueurs du Brabant attendent légitimement ces réponses avec impatience", a ajouté M. Vanden Burre dans un communiqué du groupe écologiste à la Chambre.

"Le délai de prescription a récemment été augmenté jusque 40 ans. C'est maintenant ou jamais pour vraiment révéler la vérité", a pour a part indiqué le député Stefaan Van Hecke (Groen).

Si les liens des tueurs avec l'ancienne gendarmerie et son unité d'élite sont confirmés, "il sera nécessaire d'identifier toutes les responsabilités au sein de l'appareil d'Etat et de comprendre pourquoi certaines pistes n'ont pas été mieux exploitées par les enquêteurs. Le dossier des tueurs du Brabant a déjà épuisé deux commissions d'enquête parlementaires sans livrer tous ses secrets, espérons que ces nouvelles révélations permettent enfin d'aboutir", a quant à lui déclaré le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Jean-Marc Nollet.