Belgique

La mère de Renaud Hardy ne souhaite pas que son fils soit libéré, ressort-il du récit qu'elle avait livré en juin 2016 et qui a été lu jeudi devant la cour d'assises de Tongres jeudi.

Tous les témoins ont été entendus jeudi vers 17h30 par la cours d'assises de Tongres dans le cadre du procès du tueur en série présumé Renaud Hardy. Dès lundi, les plaidoiries devront débuter avec les avocats des parties civiles. La parole reviendra ensuite dans la matinée de mardi à l'avocate générale Me Alexandra Van Kelst. Le conseil de Renaud Hardy, Me Frédéric Thiebaut, devrait plaider mardi après-midi. Les répliques de toutes les parties sont attendues mercredi. Le président du tribunal, Me Thys, a fait savoir que Renaud Hardy aurait droit à la parole en dernier. Il est possible que le jury et la cour puissent délibérer mercredi en début d'après-midi. Le verdict pourrait donc tomber mercredi soir.

Le présumé tueur en série a, par ailleurs, annoncé qu'il avait l'intention d'indemniser ses victimes, au terme des interventions des témoins. "Grâce à mes économies et à mon inventivité pour gérer mes finances, j'ai de l'argent disponible", a-t-il expliqué. Son avocat a confirmé ses dires et a annoncé qu'il soumettra les preuves de paiement dès que le procès reprendra lundi.

Durant le procès, les parties civiles ont déposé des demandes de dommages et intérêts. Une partie du montant demandé sera déposée sur le compte de tiers de l'avocat de M. Hardy. Lundi, cet argent sera versé sur les comptes des différentes parties civiles.

Au cours des dernières années, Renaud Hardy a reçu une partie de l'héritage de son père, ainsi que de l'argent de sa mère et d'un oncle. Au total, cela devrait équivaloir à quelques centaines de milliers d'euros.

La mère de Renaud Hardy a été appelée comme témoin, mais en raison de son état de santé et de son grand âge, elle était absente au tribunal. "Il vit dans un autre monde, je ne comprends pas comment nous n'avons rien vu venir", avait encore déclaré la mère de l'accusé. "C'était un enfant difficile. Tout à fait différent de sa soeur", a indiqué la mère de M. Hardy. "Cependant, nous avons élevé les trois enfants de la même manière", selon elle. En secondaire, il s'est lié avec de mauvaises fréquentations et a eu des ennuis avec la police. Sa mère a pris la décision de l'envoyer dans un internat, en section technique. "Il était assez intelligent, mais il pensait qu'il pouvait tout réussir sans étudier. Un vrai 'je-sais-tout'", a-t-elle déclaré.

Pendant un an, Renaud Hardy a été vendeur ambulant de poulet dans les années 90, afin d'aider sa mère. "Je me levais à 05h00 tous les jours et j'étais occupé jour et nuit", a-t-elle expliqué. "Il a fait cela durant un an, mais c'était trop dur pour lui."

Elle a également dit ne pas comprendre les faits dont est accusé son fils. "Avant, il n'avait jamais fait de mal à personne."

Durant l'enquête de moralité menée par la police judiciaire fédérale d'Anvers, les enquêteurs n'ont entendu que des éloges à propos de Linda Doms, a indiqué jeudi devant la cour d'assises du Limbourg Annemie Ysewijn, qui a enquêté sur l'affaire.

Renaud Hardy est accusé de viol et d'assassinat sur la personne de Linda Doms. "J'ai déjà mené beaucoup d'enquêtes de moralité mais c'est la première fois que j'ai entendu autant d'éloges", a souligné Mme Ysewijn.

Selon l'enquêtrice de la police, Linda Doms a été décrite comme une femme "amicale, ouverte, joyeuse, très sociable, agréable et prête à aider les gens".

"Les gens la décrivent aussi comme une femme forte et indépendante qui avait de l'empathie pour les autres", explique Mme Ysewijn.