Belgique

Le ministère public a requis la réclusion à perpétuité à l'encontre de Renaud Hardy, jeudi, devant la cour d'assises de Tongres. La procureure générale Alexandra Van Kelst a également réclamé une mise à disposition du tribunal de l'application des peines de 15 ans. Mercredi, le jury avait déclaré Renaud Hardy, 55 ans, coupable de l'ensemble des faits. Il était accusé du viol avec torture et de l'assassinat de Maria Walschaerts (82 ans) et de Linda Doms (52 ans), ainsi que de deux tentatives d'assassinat, sur l'actrice Veerle Eyckermans et une doctoresse.

"Je ne veux pas courir le risque que la mère, la fille, la sœur de quelqu'un croise un jour le chemin de cet homme", a martelé Alexandra Van Kelst.

La procureure a indiqué avoir pour habitude d'énumérer toutes les éventuelles circonstances atténuantes dans son réquisitoire. "Mais je ne le ferai pas", a-t-elle souligné. "Rien ne pèse contre la gravité et la multiplicité des faits. Deux femmes ont dû endurer des tortures pendant des heures, ont été violées, frappées, battues, maltraitées et humiliées. Ces femmes n'avaient aucune chance face à la supériorité rageuse de Hardy. Elles ont enduré une mort atroce. Deux autres femmes ont échappé miraculeusement à l'agression destructrice de cet homme. Quatre familles ont été détruites."

Alexandra Van Kelst a également évoqué les dernières paroles de Renaud Hardy mercredi. Selon elle, il s'est contenté de se lamenter sur lui-même durant plusieurs minutes, offrant cela pour seule réponse au jury et aux familles. Toujours d'après la procureure, il a parlé de sa situation difficile en prison, de sa vie "bousillée" mais n'a aucun regret et remords.

Pour Alexandra Van Kelst, Renaud Hardy est l'une des personnes les plus dangereuses de notre société. C'est pourquoi, outre une peine d'emprisonnement à perpétuité, elle a requis une mise à disposition de 15 ans. Cela signifie le tribunal de l'application des peines devra être unanime quant à une éventuelle libération conditionnelle de Renaud Hardy après 12 ans et demi. En détention préventive depuis deux ans et demi, le Malinois pourra en effet introduire une demande de libération conditionnelle après ce délai.

Me Frédéric Thiebaut, avocat de l'accusé, pourrait encore prendre la parole. Le jury entrera ensuite en délibération. Le verdict est attendu dans le courant de l'après-midi.