Belgique

L'hôpital de campagne dépêché par la Belgique aux Philippines pour venir en aide aux victimes du typhon Haiyan qui a fait plus de 10.000 morts lors de son passage samedi devrait être opérationnel "mardi soir ou mercredi matin", a indiqué lundi le chef de la mission B-FAST en route vers la région sinistrée, Geert Gijs. L'équipe de 41 secouristes du dispositif gouvernemental B-FAST ("Belgian First Aid & Support Team") d'intervention en cas de catastrophe a quitté la Belgique lundi vers 01h30 à bord d'un Airbus affrété par le ministère de la Défense à destination de Cebu avec des escales à Bakou (Azerbaïdjan) et Calcutta (Inde).

L'appareil est arrivé mardi peu avant 06h00 locales (23h00 heure belge) à Cebu à l'issue d'un vol de 21 heures. L'hôpital de campagne qu'il transporte en soute - tout comme une installation de purification d'eau, soit une quarantaine de tonnes - devrait ensuite être déployé ailleurs sur l'île de Leyte, a indiqué M. Gijs à quelques journalistes à bord de l'avion, dont l'envoyé spécial de l'agence BELGA. Il ignorait toutefois encore lundi midi (heure belge) l'endroit précis de l'implantation de l'hôpital, qui doit se décider en concertation avec les autorités philippines, à l'origine de la demande d'assistance adressée aux gouvernements étrangers et organisations internationales.

L'unité de purification d'eau est pour sa part capable d'en produire 4.000 litres par heure, a précisé M. Gijs.

Selon le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères, l'équipe B-BAST restera au maximum dix jours sur place. Mais cette présence pourrait être prolongée, laissaient entendre lundi des participants.

Les secouristes belges sont accompagnés de seize Français membres de l'ONG Pompiers de l'urgence internationale (PUI) et de deux Luxembourgeois. Quarante tonnes de matériel, essentiellement médical, ont également été acheminées.

Climat de tension et pillages

Les secours peinaient lundi à apporter de l'aide au centre des Philippines, ravagé par un des typhons les plus puissants à avoir touché terre, tandis que montait le désespoir des rescapés affamés, acculés au pillage.

L'état de catastrophe nationale a été déclaré, l'ampleur des dégâts émergeant peu à peu, quatre jours après le passage de Haiyan, dont les autorités craignent qu'il ait causé la mort de milliers de personnes. Des vents dépassant les 300 km/heure et une succession de vagues géantes ont dévasté des zones entières, notamment sur les îles de Leyte et Samar.

Les Nations unies ont affirmé lundi craindre plus de 10.000 morts dans la seule ville de Tacloban et a prévenu qu'il fallait "s'attendre au pire" pour le bilan définitif. L'ONU avait dans un premier temps dit craindre plus de 10.000 morts au total.

"Tout est détruit", a simplement décrit le général américain Paul Kennedy, arrivé lundi sur Leyte avec quelque 90 Marines et deux avions C-130 remplis de vivres et de matériel, avant-garde d'une aide américaine qui devrait compter une quinzaine d'appareils.

Quatre-vingt-dix autres militaires américains ont quitté lundi la base des Marines de Futenma, sur l'île d'Okinawa (Japon) à destination des zones sinistrées à bord de quatre MV-22 Osprey, des appareils hybrides permettant de décoller comme un hélicoptère et ainsi d'atteindre des zones difficiles, et de quatre avions de transport KC-130 Hercules.

Les secours s'efforçaient d'acheminer tentes, vivres et matériel médical à Tacloban, capitale de Leyte et ville côtière de 220.000 habitants qui n'est plus qu'un champ de débris et un charnier à ciel ouvert, où flotte dans l'air l'odeur des corps en décomposition.

Mais leur travail était rendu difficile par les pillages et l'extrême nervosité des habitants affamés, privés d'eau et d'électricité. Des magasins d'alimentation et un convoi de la Croix-Rouge ont été attaqués.

Des centaines de militaires et policiers ont été dépêchés sur place lundi pour rétablir l'ordre.

"Ramasser les cadavres"

Près de l'aéroport dévasté de Tacloban s'étirait une longue file de rescapés qui ont parcouru des kilomètres dans la boue pour parvenir sur les lieux où, espèrent-ils, seront distribués des secours.

"Nous voulons une équipe organisée pour ramasser les cadavres, apporter à manger et mettre fin aux pillages", a dit à l'AFP Joan Lumbre-Wilson, 54 ans, l'un des nombreux rescapés réunis autour d'un des rares centres d'aide de la ville.

"Nous sommes émotionnellement et physiquement épuisés. De nombreux bébés et enfants ont besoin d'aide", a-t-il ajouté.

10.000 morts dans une seule et même ville

Le passage vendredi du puissant typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines a fait quelque 10.000 morts dans la seule ville de Tacloban, ont affirmé lundi les Nations unies.

"Les autorités locales estiment que près de 10.000 personnes ont été tuées dans une seule et même ville", a souligné la chef des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos.

Sa porte-parole a confirmé que la diplomate faisait bien référence à Tacloban, la ville la plus dévastée par le typhon.

L'ONU avait dans un premier temps dit craindre plus de 10.000 morts au total. "On estime actuellement que plus de 10.000 personnes ont péri", avait indiqué John Ging, directeur des opérations du bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU, précisant que "de nombreux endroits sont jonchés de cadavres".

"Nous nous attendons au pire. Au fur et à mesure que l'accès à certains sites se débloque nous découvrons toujours plus de morts", avait-il ajouté.

Selon le diplomate, 660.000 personnes ont par ailleurs dû quitter leur domicile en raison de la tempête.

Mme Amos est attendue à Manille pour coordonner des opérations d'aide des Nations unies avec des groupes privés.

L'ONU a d'ores et déjà débloqué 25 millions de dollars de son fonds d'urgence et Valerie Amos, ainsi que le gouvernement philippin, doivent lancer mardi un appel aux dons, vraisemblablement pour plusieurs centaines de millions de dollars.

UNICEF Belgique lance un appel aux dons pour aider les enfants victimes de la catastrophe

L'organisation UNICEF Belgique a appelé lundi la population belge à se montrer solidaire avec les enfants philippins touchés par le typhon Haiyan et à verser un don via le compte BE 31 0000 0000 5555 (BIC: BPOTBEB1) d'UNICEF Belgique avec la mention "enfants des Philippines" ou sur le site www.unicef.be/don. "Atteindre les enfants les plus vulnérables avec des moyens qui sauvent leur vie, telle est la priorité de l'UNICEF aux Philippines. (...) Les dons sont d'une importance vitale dans un pays confronté à des catastrophes à répétition", insiste l'association dans un communiqué.

Selon l'UNICEF, plus de 40% des 4 millions de Philippins affectés par le typhon sont des enfants.

"Nous nous concentrons donc avant tout sur des interventions qui puissent assurer leur survie: la distribution de médicaments essentiels, la nutrition, l'approvisionnement en eau potable et l'hygiène. Notre souci est de nous assurer que les enfants les plus vulnérables soient protégés", explique le représentant UNICEF aux Philippines, Tomoo Hozumi.

La Division des approvisionnements de l'UNICEF à Copenhague a expédié 60 tonnes de stocks de secours, qui devraient arriver sur le terrain mardi. Sur place, des kits médicaux, aliments thérapeutiques et trousses d'hygiène, qui avaient été positionnés en prévision de l'arrivée du typhon, sont déjà en train d'être distribués aux familles.

"Regroupés dans des abris provisoires dépourvus d'accès à l'eau potable et de sanitaires, affaiblis par la répétition des cyclones depuis le début de l'année et par la perte de tous leurs biens, les enfants sont la proie idéale des infections et des maladies. A moyen terme, leur avenir est compromis par la destruction des écoles ou leur occupation par les populations déplacées", rappelle l'association.

Un appel aux dons également lancé par MSF Belgique

L'association Médecins Sans Frontières (MSF) a également lancé un appel aux dons lundi pour répondre aux besoins urgents et assurer les secours dans les zones les plus touchées des Philippines après le passage du typhon Haiyan. Trois millions d'euros ont déjà été dégagés pour démarrer les secours à partir de la Belgique. L'évaluation des besoins sur place et les axes d'interventions de MSF seront réactualisés dans les 48 heures, indique l'ONG dans un communiqué. Les dons peuvent être versés via le compte BE73 0000 0000 6060.

Une première équipe d'urgence est arrivée samedi à Cebu, la deuxième ville la plus importante des Philippines. Une cinquantaine de collaborateurs de MSF (personnel médical, psychologues et logisticiens) seront déployés dans les prochains jours, dans un premier temps dans la province de Leyte.

"La plupart des hôpitaux ont été ravagés et le personnel médical manque cruellement. Nous allons aussi mettre en place une équipe médicale à l'aéroport de Tacloban pour répondre à l'afflux massif de blessés", explique Natacha Reyes, coordinatrice médicale de MSF aux Philippines. "C'est le chaos total. Pour ce que j'ai pu en voir jusqu'à présent, la situation est dramatique."

Pour faire face aux besoins, trois avions cargos affrétés par MSF quitteront la Belgique et Dubaï mardi matin, avec à leur bord, "329 tonnes de matériel médical pour prendre en charge les blessés et effectuer des consultations, des vaccins anti-tétanos, du matériel de secours comme des tentes et des kits d'hygiène". Un autre cargo transportant de l'équipement d'assainissement de l'eau suivra ainsi qu'un cargo avec un hôpital gonflable et du matériel médical.

Le gouvernement flamand verse 150.000 euros pour les victimes du typhon

Le ministre-président flamand Kris Peeters a versé, au nom du gouvernement flamand, 150.000 euros à la Croix-Rouge afin de venir en aide aux victimes du typhon qui a frappé les Philippines, a indiqué le porte-parole de Kris Peeters lundi soir.

"La Flandre veut aider les victimes de ce typhon dévastateur. Les besoins humains et matériels sont énormes. Nous avons donc décidé de débloquer 150.000 euros et de les transmettre à la Croix-Rouge", a précisé Kris Peeters dans un communiqué.

Toujours sans nouvelle de 120 Belges, dont environ 50 dans les zones les plus touchées

Les Affaires étrangères étaient toujours sans nouvelle lundi soir de 120 Belges, dont une cinquantaine se trouvent dans les zones les plus touchées par le typhon qui a frappé les Philippines, a indiqué lundi soir le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Les Affaires étrangères ne disposent pour l'heure d'aucune indication concernant la situation de ces ressortissants belges, et continuent d'essayer de prendre contact avec eux.

Une soixantaine de secouristes belges, français et luxembourgeois ont quitté dimanche soir l'aéroport militaire de Melsbroek à destination des Philippines. L'avion, chargé de 40 tonnes de matériel, a fait arrêt à Bakou et Calcutta et devrait arriver à destination de Cebu aux Philippines lundi vers 23 heures (heure belge). Trente-huit membres de l'équipe B-Fast, dont 5 médecins spécialistes et 15 infirmiers, faisaient partie de l'équipage.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, s'est dit "satisfait" de la manière dont la Belgique a pu répondre à la demande d'aide des Philippines, en mettant rapidement à disposition un avion opérationnel. La coordination entre la Commission européenne, la Belgique, la France et le Luxembourg a permis d'envoyer un appareil rempli, en termes de matériel et de personnel, a-t-il souligné. Par ailleurs, une quinzaine de médecins belges, présents aux Philippines pour un stage, ont offert leurs services pour venir en aide à la population, a ajouté le ministre.

Près de 800 Belges vivent de façon quasi permanente aux Philippines, touchées par un typhon d'une extrême violence, qui aurait fait plus de 10.000 morts selon certaines estimations. Les Affaires étrangères belges ont décidé dimanche matin d'ouvrir un centre d'appel de crise (02/501.40.00).

Le pape offre 150.000 dollars d'aide aux victimes du typhon aux Philippines

Le pape François a annoncé lundi le versement d'une "première contribution" de 150.000 dolars pour venir en aide aux populations philippines touchées par le récent passage du typhon Haiyan qui a fait des milliers de morts.

"A la suite du passage du typhon Haiyan qui a frappé avec une incroyable violence ce week-end le territoire des Philippines, en particulier les îles de Leyte et Samar, faisant, selon des données encore provisoires, plus de 10.000 morts, le Saint Père François a décidé d'envoyer à travers le Conseil pontifical Cor Unum et comme première contribution 150.000 dollars pour secourir les populations", indique un communiqué du Vatican.

Le Cor Unum finance les initiatives humanitaires spéciales du pape à l'occasion de catastrophes naturelles dans le monde entier, du typhon aux Philippines à la sécheresse dans le Sahel.

"Cette somme sera répartie à travers l'Eglise locale dans les régions les plus touchées par la catastrophe et sera utilisée pour soutenir l'assistance aux personnes déplacées et dans les zones inondées comme première expression concrète de la proximité spirituelle et de l'encouragement paternel du souverain pontife envers les personnes et les territoires dévastés par les inondations", conclut le communiqué.

Le typhon Haiyan avait balayé le centre de l'archipel philippin vendredi avec des vents soufflant à plus de 300 km/h et une succession de vagues géantes, faisant plus de 10.000 morts selon des estimations provisoires.