Belgique

Tout est une question d’interprétation finalement. Les candidats au rectorat de l’Université catholique de Louvain (UCL) devaient déposer leur dossier de candidature pour ce jeudi 9 janvier. Aujourd’hui, c’est désormais chose faite.

Mais voilà, la liste officielle des candidats ne sera publiée que le 15 janvier prochain. Par conséquent, certains d’entre eux déclarent qu’il ne leur est pas permis (par la commission électorale) de s’exprimer dans la presse tant qu’ils ne sont pas déclarés "candidats officiels".

A l’inverse, d’autres estiment qu’il n’y a pas lieu de les priver de leur liberté de parole... tant qu’ils ne sont pas officiellement candidats.

Quoi qu’il en soit, trois d’entre eux ont accepté de présenter leur programme et leurs atouts. Inventaire.


Vincent Blondel

La bonne ou pas la bonne ? Doublement diplômé de l’UCL en ingénierie civile et en philosophie, Vincent Blondel est aussi mathématicien (qualification acquise en Angleterre). Aujourd’hui, il enseigne les mathématiques appliquées à l’EPL, l’Ecole polytechnique de Louvain. Une faculté universitaire qu’il connaît bien puisqu’il en est actuellement le doyen. Déjà candidat au rectorat de l’UCL en 2009, il était alors le seul et l’unique adversaire de l’actuel recteur, Bruno Delvaux. Aujourd’hui, à 48 ans, il tente à nouveau sa chance.

Les grandes lignes de son programme :

"Je soulignerais les points suivants : une recherche mieux soutenue et mieux financée ; un développement international fort ; que l’Université joue véritablement son rôle d’acteur dans la société… non seulement dans son intervention dans le débat public - dans son rôle d’université de masse accessible à tous donc - mais aussi dans son rôle de formation et de recherche en soins dans les cliniques, universitaires en particulier. Pour le reste, je souhaite stabiliser et apaiser mon université. La communauté universitaire de l’UCL a été quelque peu malmenée ces dernières années, à la fois par des réformes internes et externes. Il faut simplifier l’organisation de l’université et dégager du temps pour le personnel qui est surchargé de travail. Mais il faut aussi apaiser les choses en externe vis-à-vis de nos partenaires universitaires, puisque l’UCL a quand même été fortement isolée ces dernières années. C’est précisément là que le futur recteur devra être présent, en particulier dans le contexte du (re)financement de l’enseignement supérieur en 2016. Pour moi, c’est l’enjeu majeur."


Benoit Macq

Le poulain de Bruno Delvaux. Ingénieur civil de formation (UCL), Benoît Macq est professeur à l’EPL, l’Ecole polytechnique de Louvain. Il est spécialisé dans les télécommunications et les technologies de l’image. En 2009, le recteur en place, Bruno Delvaux, le désigne prorecteur en charge du service à la société et de l’international. Un poste convoité qui emmènera l’intéressé dans un grand nombre de missions économiques princières notamment. A 52 ans, le poulain de Bruno Delvaux convoite pour la première fois le poste de son... patron.

Les grandes lignes de son programme :

"Trois éléments cruciaux dans mon programme. Un, développer un plan stratégique. On a énormément de talents, d’idées à l’UCL qu’il faut pouvoir capter et mobiliser dans un plan à long terme. Deux, renforcer le positionnement de l’UCL dans l’écosystème. L’Université doit être un acteur d’ici et d’aujourd’hui, un acteur de la Région wallonne et de Bruxelles. Et on ne peut pas être un acteur de formation, de recherche et de service à la société en Fédération Wallonie-Bruxelles sans être un bon partenaire des autres universités et du monde politique. Mais il est temps d’inverser la tendance : avant, les politiques avaient l’initiative. Aujourd’hui, les universités doivent la reprendre de façon à proposer un nouveau projet à la société wallonne et à la société bruxelloise. Trois, revoir le modèle organisationnel de l’université. Les professeurs, les ‘cerveaux’ passent beaucoup trop de temps en réunions. Il faut revoir notre organisation de façon à ce qu’ils puissent se concentrer sur leurs missions de base, à savoir la recherche et l’enseignement."


Bernard Coulie

Le come-back. Docteur en philologie et histoire orientale de l’UCL, Bernard Coulie est professeur en faculté de philosophie et lettres. Il y enseigne essentiellement la littérature byzantine et l’histoire du monde européen. Doyen de cette même faculté de 2003 à 2004, il décroche ensuite le poste de recteur de l’université. Un mandat de cinq ans (2004-2009) pour lequel il décidera de ne pas rempiler à l’époque…"pour revenir à ses premières amours" (recherche et enseignement), assure-t-il. Aujourd’hui, à 54 ans, Bernard Coulie brigue à nouveau le poste rectoral.

Les grandes lignes de son programme :

"Mon programme est organisé en quatre axes stratégiques. Un, les relations de l’université avec son environnement. Je suis convaincu que c’est l’extérieur qui conditionne la capacité de l’université à affronter ses défis en interne. Deux, les ressources de l’université. En externe, c’est le refinancement. Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont sous-financées. Il faut absolument plaider pour un refinancement, la discussion politique et le décret prévus sur ce point d’ici 2016 seront essentiels. En interne, il faut vérifier que la manière avec laquelle nous utilisons nos ressources est optimale. Trois, le fonctionnement interne de l’université. L’UCL s’est très fortement développée ces dernières années (absorption des Fucam…), cela appelle des adaptations de gouvernance et de fonctionnement. Pour ma part, je plaide pour un modèle plus décentralisé, ave notamment davantage de temps créatif pour le personnel. Quatre, les politiques prioritaires de l’université. Il faut donner des lignes claires à l’UCL : soutenir les chercheurs, travailler à la réussite de l’étudiant, favoriser une politique sociale et enfin, inciter à l’international."


Vincent Yzerbyt

Le bras droit de Bruno Delvaux. Issu de la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation (UCL), Vincent Yzerbyt a laissé de côté les cours qu’il prodiguait aux étudiants pour se consacrer totalement à son autre fonction au sein de l’université, celle de prorecteur à la recherche. Un poste stratégique qui lui a été accordé en 2009 par le recteur alors fraîchement élu, Bruno Delvaux. Ce mandat précisément, il s’éteindra au moment même où le recteur en place quittera la gestion de l’université. Vincent Yzerbyt se présente pour la première fois au poste de recteur de l’UCL.

Pourquoi Vincent Yzerbyt n’a pas souhaité répondre aux questions de "La Libre" à ce stade-ci :

"Les dossiers de candidature devaient être déposés pour ce jeudi 9 janvier. Mais la liste officielle répertoriant les noms des candidats ne sera publiée que le 15 janvier prochain. Par conséquent, je ne souhaite pas m’exprimer dans la presse tant que la réunion qui consacre les candidatures n’a pas eu lieu. Je tiens à respecter les recommandations de la commission électorale. C’est elle qui dicte (licite ou pas, permis ou pas) aux candidats quel comportement il y a lieu d’adopter vis-à-vis de la presse. Je serai officiellement candidat le 15 janvier, pas avant. Alors que les autres candidats s’expriment publiquement, c’est leur problème. Pour ma part, psychologue social que je suis, je m’en tiens à ma déontologie personnelle. Point barre." Voilà qui est clair.


Michel Devillers

L’inconnu du bataillon. Docteur en sciences chimiques, Michel Devillers est issu de la faculté des Sciences de l’UCL. Il est aussi le vice-recteur du secteur des sciences et technologies. A ce titre-là, il a donc bien été élu par le secteur… et non choisi et désigné par le recteur actuellement en place, comme c’est le cas pour les prorecteurs et le vice-recteur à la politique du personnel. De ce fait, l’extinction de son mandat n’est pas liée ni conditionnée à celle du mandat de Bruno Delvaux. Michel Devillers brigue le poste rectoral pour la première fois.

Pourquoi Michel Devillers n’a pas souhaité répondre aux questions de "La Libre" à ce stade-ci :

Malgré notre insistance, Michel Devillers n’a pas répondu à nos appels téléphoniques. Toutefois, l’intéressé nous a transmis le message suivant : "Je vous informe que je ne souhaite pas m’exprimer dans la presse tant que la réunion de coordination entre les candidats officiels n’a pas eu lieu. Je vous invite à me recontacter dans le courant de la semaine prochaine. Cordialement. M. Devillers." Message reçu.