Belgique Le plan des ministres Smet et Debaets a beau "être tendance". Il se heurte à des oppositions, notamment politiques.

La vitesse doit être limitée à 30 km/h sur tout le territoire de la Région bruxelloise, avec éventuellement des exceptions, décidées en concertation avec les zones de police et les bourgmestres, s’agissant de voiries aux dimensions plus importantes.

Cette mesure figure dans un plan concocté par la secrétaire d’Etat bruxelloise à la Sécurité routière Bianca Debaets (CD&V) et le ministre de la Mobilité Pascal Smet (SP.A.), indiquait, lundi, "De Morgen". Le gouvernement bruxellois discutera de ce plan la semaine prochaine.

Une étape supplémentaire

L’idée d’instaurer des "zones 30" n’est pas nouvelle et elle a toujours divisé. En 2010, le conseil communal de Bruxelles avait instauré une limitation à 30 km/h à l’intérieur de la Petite ceinture. Quant au plan "sécurité routière" mis sur pied par le gouvernement bruxellois, en 2014, il appelait les bourgmestres des 19 communes à appliquer le plus largement possible le principe de la zone 30.

Pascal Smet et Bianca Debaets vont désormais un pas plus loin. Ils ont toutefois tous deux conscience qu’une limitation de vitesse à 30 km/h ne sera respectée que si suffisamment de contrôles sont effectués. Bianca Debaets compte en vérité sur l’installation des nombreuses caméras destinées à contrôler la zone basses émissions qui sera mis en œuvre en 2018 à Bruxelles.

"L’argent qui sera récolté grâce aux amendes infligées aux automobilistes qui entreront dans le centre-ville avec des voitures polluantes sera consacré à des campagnes de sensibilisation et à l’organisation de contrôles supplémentaires. Ces amendes seront traitées par un service externe, plutôt que par le parquet", explique Mme Debaets, qui souligne qu’un tel système existe déjà en Flandre et en Wallonie.

Cela dit, les contrôles de vitesse sont une compétence de la police locale et des bourgmestres. Parmi ces derniers, le "maïeur" de Koekelberg Philippe Pivin (MR) a déjà exprimé de nettes réserves à l’égard de ce plan. Son collègue schaerbeekois Bernard Clerfayt (Défi) se montre quant à lui plus positif.

Graz, Munich et Gand

Mme Debaets et M. Smet prennent des exemples étrangers pour défendre leur plan. Ils évoquent le cas de la ville autrichienne de Graz, la première en Europe à avoir, dans les années 80, créé une zone 30 sur l’ensemble de son territoire.

Et ils citent aussi le cas de Munich, la capitale bavaroise, qui a pris une mesure identique, preuve, à leurs yeux, que la formule peut aussi fonctionner dans une grande ville.

Plus près de Bruxelles, la ville de Gand a élargi son périmètre de zones 30. Résultat : une diminution du nombre d’accidents avec blessés graves de 27 % la première année et un gain supplémentaire de 16 % la suivante.